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du congrès
Mathématiques: le monde des clés
Appréhender les mathématiques par la beauté ou l'émotion
permet de se réconcilier avec cette discipline. Ce trousseau de clés
permet de regarder un chou-fleur d'un autre oeil...
Qu'ont en commun les nuages, les coquillages, les flocons de neige, les
fougères... Un mystère dissimulé derrière leur
structure dans le creux intime de l'infiniment petit. Et pour le pénétrer,
les mathématiques servent d'autant de clés. Juste trois lignes
de calculs permettent de reconstituer le charme d'un dessin ou d'une forme.
"Un mélomane est capable de chanter la musique cachée
derrière l'aridité d'une partition. Derrière les symboles
mathématiques se découvre la même émotion, il
nous manque juste les instruments pour en jouer...", lâche Stéphane
Durand, physicien appartenant au Centre de recherches mathématiques
de l'Université de Montréal. Le spécialiste de théorie
avoue qu'il est difficile de transmettre sa motivation. Néanmoins,
ce vulgarisateur a réussi à tirer de nombreux rires lors de
sa conférence d'hier sur les fractals; il faut être vulgarisateur
pour en arriver là!
En cette Année internationale des mathématiques, ce chercheur
s'est même commis dans la réalisation de 7 affiches destinées
à "vendre" cette discipline -que l'on a pu découvrir
dans le métro- remportant ainsi le premier prix de la Société
mathématique européenne.
Si "l'exhibition" de fractals peut être d'un charme irrésistible
-une jeune fille de l'assistance confiait d'ailleurs à son voisin
qu'un de ses amis l'utilisait pour "cruiser"!- alors que dire
du Nombre d'Or? Bien connu des artistes, il constitue la base de la spirale
logarithmique, sorte de colonne vertébrale d'un coquillage à
l'allure parfaite.
Beaucoup de formes tiennent au sein de trois lignes de calcul... plus
facile à transporter que les lourds dessins d'animation qu'elles
suscitent. D'ailleurs bien des équipes de cinéma virtuel y
ont recours!
Peut-être un peu comme ces figurants qui peuplaient le pont du
Titanic, dans le film du même nom. Parmi eux, on comptait de nombreux
acteurs... synthétiques! C'est que depuis le court métrage
Tony de Peltrie en 1985 jusqu'au dernier Star Wars, les personnages
entièrement générés par ordinateur se sont multipliés
et améliorés... au point de faire illusion!
"Le défi est de faire des personnages tellement réalistes
qu'on les confond avec de véritables hommes et femmes", affirme
Éric Plante. Cet analyste en R&D des studios Taarna présentait
hier soir une conférence intitulée "L'être humain,
joué par l'acteur synthétique"; une synthèse des
recherches effectuées conjointement avec le laboratoire d'informatique
graphique de l'Université de Montréal. "Depuis les travaux
de Patrick Fournier sur la sueur, la trajectoire d'une goutte glissant sur
la joue d'un personnage ne présente plus aucun mystère."
Toutes les expressions, émotions et sécrétions s'analysent
au moyen d'outils mathématiques, comme l'algèbre vectorielle
ou différentes branches de la géométrie.
Des taches des léopards en passant par la ramification de la fougère,
ces clés mathématiques -fascinantes- nous ouvrent la porte
de bien des mystères. Ou les verrouillent car elles sont aussi à
la source de la cryptographie, inaugurant bien des maux de têtes à
ceux qui voudraient les percer.
Isabelle Burgun
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