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Effondrement du système immunitaire: l'enquête se poursuit

Agence Science-Presse, le 9 avril 2006, 23h00

(Agence Science-Presse) Le mal catastrophique qui a frappé six patients britanniques il y a quelques semaines, dans le cadre de l'essai d'un médicament, reste une énigme. On se contente d'éliminer les hypothèses une à une.

Lire le texte précédent:

Effet secondaire: effondrement du système immunitaire (20 mars 2006)

Ainsi, l'hypothèse la plus rassurante –pour
le fabricant du médicament qui était testé,
l'allemand TeGenero– était que quelqu'un
avait mal suivi le protocole: autrement dit, on s'était
trompé dans les doses injectées aux six
patients. Or, dans son rapport préliminaire,
l'agence chargée d'approuver les essais cliniques
en Grande-Bretagne, et également chargée
de cette enquête, rejette cette hypothèse:
le protocole a bel et bien été suivi à la lettre.

Y aurait-il pu y avoir contamination par un
autre produit? Cette hypothèse avait également
été suggérée dès le premier jour, le 13 mars, lorsque ces six patients avaient été envoyés d'urgence aux soins intensifs, victimes de défaillances subites aux quatre coins de leur organisme, qui avaient failli les faire mourir tous les six. L'Agence de réglementation des médicaments et produits de santé rejette également cette hypothèse.

Ce qui renvoie donc au médicament lui-même.
Le TGN1412, un anticorps qui devait en théorie stimuler
le système immunitaire pour l'aider à combattre
les cellules cancéreuses, aurait un effet potentiellement
dévastateur sur le système immunitaire des
humains. Et cela, bien que les tests préliminaires
sur des souris, des lapins et des singes, aient été
très encourageants. Qui plus est, ces animaux avaient,
dans certains cas, reçu des doses de ce médicament
500 fois supérieures à celle donnée aux six patients!
Résultat, un échec aussi spectaculaire
sur des humains illustre peut-être que notre système
immunitaire est plus complexe qu'on ne le soupçonnait
–et que, contrairement à d'autres parties de
notre corps, il dissimule peut-être une différence
avec les systèmes immunitaires des rats ou des primates,
une différence subtile mais fondamentale.

Chose certaine, la classe de médicaments
expérimentaux dont fait partie le TGN1412, qu'on
appelle les "thérapies super-antagonistes" en raison
de leur effet soi-disant plus puissant, est à présent
sur la glace. Non sans raison, écrit le New Scientist,
qui avait souligné dans les jours suivant l'événement,
que des études antérieures avaient déjà
laissé planer des doutes sur la possibilité d'une "réaction excessive" du système immunitaire à cette classe de médicaments.
Cinq des six cobayes ont à présent quitté l'hôpital. Le sixième ferait de "bons progrès", selon l'Agence de réglementation. Un comité de l'Agence doit également, dans trois mois, proposer de nouvelles normes sur ce qui permettrait à un médicament de passer de la phase des essais sur des animaux à la première phase des essais sur des humains.