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Les débrouillards

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Je pense peu, donc je suis!

Agence Science-Presse, le 25 avril 2006, 23h00

(Agence Science-Presse) La conscience de soi est un luxe que s’offre notre cerveau seulement lorsqu’il n’est pas sollicité par une tâche exigeante. Pour la première fois, des chercheurs ont pris le cerveau sur le fait alors qu’il inhibait littéralement la conscience.

Pour arriver à ces résultats, parus dans la revue Neuron, Rafael Malach et Ilan Goldberg, de l’Institut israélien des sciences
Weizmann, ont utilisé l’imagerie à résonance
magnétique pour photographier l’activité
du cerveau pendant l’exécution de tâches spécifiques.

Les neuf volontaires devaient effectuer un
classement d’images et de sons en respectant une limite
de temps. Les chercheurs ont remarqué que lorsque
les images et les sons défilaient lentement, les
participants présentaient une activité cérébrale
dans la région du cortex préfrontal, siège
reconnu de la perception de soi-même. Par contre,
les chercheurs ont vu systématiquement cette région " s’éteindre " lorsqu'a augmenté la vitesse des stimuli. En d'autres termes, si le stress dépasse un certain seuil, le cortex n’active plus la conscience de soi.

Pour Malach et Goldberg, cela signifie que
les régions impliquées dans la perception
des sens et celles sollicitées par l’introspection
sont complètement distinctes. Ils suggèrent
aussi que cette capacité à éteindre
sa conscience de soi –a priori étonnante, à
nos yeux– doit être le résultat normal
de l’évolution d’un mécanisme de protection chez les animaux.

En effet, puisqu’il n’est pas crucial
de percevoir son " moi " en cas d’urgent
besoin, par exemple si un prédateur approche, ce
serait normal que le cerveau l’inhibe. Il concentrerait
ainsi toutes ses énergies à nous préserver
et nous ferait agir par réflexe plutôt que
par réflexion. D’ailleurs, cette théorie
trouve également un écho dans la philosophie
zen, laquelle enseigne l’abandon de notre propre perception
pour atteindre le vrai sens de la réalité.

Il semble également, selon les chercheurs, que cette découverte pourrait contribuer à l’avancement de la recherche dans des domaines comme la compréhension de l’autisme, de la schizophrénie ou d’autres désordres mentaux.