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Les Américains plus malades que les Anglais

Agence Science-Presse, le 17 mai 2006, 0h00

(Agence Science-Presse) Les Américains
ne sont pas seulement plus gros : ils sont également
plus malades que les Britanniques. Mais les scientifiques
ont bien du mal à expliquer pourquoi.

Au terme d’une étude comparative
des dossiers médicaux de 8000 hommes blancs de 55
à 64 ans vivant des deux côtés de l’Atlantique,
des chercheurs dressent un sombre portrait des fils de l’Oncle
Sam. Le diabète est deux fois plus répandu
aux Etats-Unis, le cancer y est 70% plus prévalent et les maladies cardiaques, 50% plus répandues.

Les Américains qui se classent parmi
les groupes les plus riches et les plus scolarisés
ont un taux de maladies cardiaques et de diabète
aussi élevé que les Britanniques des
groupes les plus pauvres et les moins scolarisés !

L’étude est parue au début du mois dans le Journal de l’Association médicale américaine.

Il serait trop facile d’attribuer cela
au taux plus élevé d’obésité
aux Etats-Unis, souligne James Smith, de la Corporation
RAND à Santa Monica (Californie). Car si on compare
les fragments les plus obèses des deux populations,
les écarts relatifs à la santé restent à peu près les mêmes.

Alors quelle peut être la cause ? Maladies infantiles ? Adultes plus stressés
aux États-Unis ?

À moins que cette étude ne soit tout simplement dans l’erreur ? Le service d’information de la revue Nature pointe une étude de 2003, qui concluait que l’hypertension était 60% plus élevée en Europe qu’en Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada). Mais l’Europe, ce n’est pas la Grande-Bretagne : peut-être que des pays moins chanceux venaient fausser les données ?

Chose certaine, si les experts médicaux en venaient à identifier des " facteurs nationaux " capables d’expliquer des différences statistiques aussi énormes, ils auraient en main des outils importants pour des campagnes de santé publique mieux ciblées. Comme l’explique James Smith, il n’y a aucune raison pour que les jeunes et moins jeunes Américains n’atteignent pas le même niveau de santé que leurs cousins britanniques.