Le mucus, qui recouvre le " dard d’amour " de l’escargot, double ses chances de fécondation lors de l’accouplement.

Les gastropodes, comme l’escargot, sont particulièrement étudiés par les neurobiologistes, car leurs cellules neurales, très longues, sont facilement identifiables. Comme plusieurs scientifiques, Ronald Chase s’est donc intéressé à leur " cerveau ". Lors de précédents travaux, il avait découvert qu’une partie contrôlait leurs comportements sexuels. Une question a alors jailli dans son esprit: comment cela fonctionne-t-il ?

L’escargot, une espèce hermaphrodite (qui possède les deux sexes), possède un aiguillon acéré grâce auquel il injecte brutalement son sperme dans son partenaire. Dans le cadre d’une expérience menée par Ronald Chase, professeur de biologie à l’Université McGill, un groupe d’escargots en période de rut ont reçu une injection de mucus —le même qui recouvre leur appendice— et un second, une injection saline.

Les deux groupes, préalablement castrés chirurgicalement, ont été mis en présence, une semaine plus tard, d’autres escargots qui sécrétaient du sperme. Le résultat : les escargots du groupe ayant reçu le mucus ont eu deux fois plus de " bébés " que ceux qui avaient reçu l’injection saline.

Par ailleurs, lors de précédentes recherches, Chase a observé que le mucus semblait responsable de contractions dans certains conduits de l’escargot. Selon lui, ces contractions pourraient entraîner la destruction des enzymes responsables de l’assimilation des spermatozoïdes, et ainsi augmenter la fertilité.

Cette fertilité accrue de l’escargot semble donc imputable aux réactions chimiques associées au mucus plutôt qu’au dard lui-même.

Au-delà de la curiosité scientifique, le profane s'étonnera peut-être que de tels travaux puissent avoir une utilité pratique: ils pourraient permettre un meilleur contrôle des espèces de limaces et d’escargots qui peuplent nombre de cultures et de jardins...