Publicité
leaderboard_bfseguin.jpg

Bourse Fernand-Seguin

Autre action

Actualité

Qu'est-ce qu'un gene?

Agence Science-Presse, le 13 août 2006, 23h00

(Agence Science-Presse) Il y a 20 ans, enseigner
aux futurs enseignants ce qu’est un gène prenait
environ deux heures. Aujourd’hui, on n’est même
plus sûr de la définition!

Avec pour résultat que l’introduction
qui prenait deux heures nécessite à présent
une session –et on n’a même pas encore fait
le tour de la question. Pendant ce temps, les découvertes
continuent de s'accumuler, de mois en mois, de semaine en
semaine, de jour en jour...
Au départ, il y a un siècle,
un gène était un concept largement abstrait.
C’était " quelque chose "
qui transmettait une caractéristique du parent à
l’enfant, comme la couleur des yeux ou une maladie.
Mais on n’avait aucune idée de ce que pouvait
bien être ce " quelque chose "
ni de la façon dont il fonctionnait.
Progressivement, dans la première moitié
du XXe siècle, alors qu’une science appelée
la biochimie prenait forme, on découvrait que chaque
gène était associé à des enzymes
et à une protéine. Puis, alors qu’une
autre science prenait forme, la biologie moléculaire,
le gène prit tout à coup une allure tangible,
mesurable : de longues séquences de molécules
appelées ADN, étalées dans une forme
de double hélice.
Pour le grand public, on en est encore à
cette image d’une double hélice. Mais pour les
généticiens, cette image rend de moins en
moins justice à la réalité. D’une
part, l’information à transmettre du parent
à l’enfant n’est pas, semble-t-il, étalée
de manière régulière tout au long de
l’ADN. D’autre part, une autre molécule,
l’ARN, semble elle aussi capable de transmettre de
l’information du parent à l’enfant, voire
capable de réécrire des portions d’ADN
sur la base d’informations héritées des
grands-parents.
" Pour plusieurs généticiens,
résumait récemment la revue Nature en
éditorial, cette complexité est une source
d’émerveillement, de fascination... et d’emplois. "
Oh combien ennuyante serait leur profession en effet, si
une fois les gènes humains recensés, tout
ce qu’ils auraient eu à faire aurait été
d’associer chaque gène à une maladie.
Certains ont pourtant cru, il y a 20 ans,
que tel était l’avenir. Aujourd’hui, l’avenir
de la génétique apparaît au contraire
beaucoup plus obscur : les découvertes capitales
des prochaines années proviendront-elles des gènes
eux-mêmes, des protéines ou de l’ARN?
Personne n’en est sûr –mais le grand public
ne s’en doute pas, lui dont l’attention, par l’intermédiaire
des médias, continue de n’être dirigée
que vers les mythiques gènes.