L'Europe s'ecrase sur la Lune
(Agence Science-Presse) Dun côté, les États-Unis suspendus à leur navette spatiale comme à une bouée de sauvetage seule capable de sauver la chancelante station spatiale. De lautre, lEurope, engagée lentement mais avec assurance, sur la route de la Lune.
A visiter:
* La page de l'impact de SMART-1 (Agence spatiale européenne)
A lire aussi:
* L'arrivée en orbite lunaire (L'Europe dans la Lune - novembre 2004)
* Mise en marche du moteur ionique (octobre
2003)
* Le lancement de SMART 1 (septembre
2003)
* Le pionnier des moteurs ioniques: Deep Space 1 (à
la retraite: décembre 2001; lancement: octobre 1998)
Cest ainsi que les observateurs de la scène spatiale ont décrit ces derniers jours le succès européen, un succès pourtant peu évident au premier regard, puisquil a consisté à envoyer une sonde sécraser sur la Lune!
Mais un succès bel et bien réel, puisquil met fin de manière spectaculaire et volontairement médiatique, il faut le dire à une mission qui sest déroulée sans anicroches, et qui constitue la première
phase dun plan à long terme de retour sur la Lune.
Et tout cela, pour des centaines de fois moins cher que la navette spatiale.
SMART-1, la sonde spatiale en question, qui sest écrasée sur la Lune à lheure prévue dimanche dernier, 3 septembre, était en orbite autour de notre satellite depuis décembre 2005, se livrant à diverses analyses géologiques. Mais son principal fait darmes était dêtre arrivée là-haut grâce à un moteur ionique, ce nouveau mode de propulsion qui représente peut-être lavenir du voyage spatial: il est plus économe en carburant, donc nécessite un engin beaucoup moins lourd, donc beaucoup moins coûteux.
La sonde a pourtant mis 14 mois pour atteindre lorbite lunaire contre 3 jours pour les missions Apollo dil y a 35 ans mais cette lenteur était elle-même le résultat du test de ces nouvelles technologies. Le principe du moteur ionique réside dans lexpulsion de xénon, littéralement atome par atome. La poussée, chaque fois, est infime, mais à long terme, elle savère payante. Sil y a peu de chances quelle propulse jamais un autobus spatial Terre-Lune, en revanche, elle serait parfaite pour abréger les longues missions vers Mars ou les planètes lointaines.
Autre technologie prometteuse: le détecteur à rayons X de SMART-1, qui a été au coeur de ses analyses géologiques: il équipera une autre sonde lunaire, envoyée par lInde celle-là, en 2007 ou 2008. Les États-Unis ne sont définitivement plus les seuls dans la course à la Lune...

