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L'Europe s'ecrase sur la Lune

Agence Science-Presse, le 6 septembre 2006, 23h00

(Agence Science-Presse) D’un côté, les États-Unis suspendus à leur navette spatiale comme à une bouée de sauvetage seule capable de sauver la chancelante station spatiale. De l’autre, l’Europe, engagée lentement mais avec assurance, sur la route de la Lune.

A visiter:

* La page de l'impact de SMART-1 (Agence spatiale européenne)

A lire aussi:

* L'arrivée en orbite lunaire (L'Europe dans la Lune - novembre 2004)

* Mise en marche du moteur ionique (octobre
2003)

* Le lancement de SMART 1 (septembre
2003)

* Le pionnier des moteurs ioniques: Deep Space 1 (à
la retraite
: décembre 2001; lancement: octobre 1998)

C’est ainsi que les observateurs de la scène spatiale ont décrit ces derniers jours le succès européen, un succès pourtant peu évident au premier regard, puisqu’il a consisté à envoyer une sonde s’écraser sur la Lune!

Mais un succès bel et bien réel, puisqu’il met fin de manière spectaculaire –et volontairement médiatique, il faut le dire– à une mission qui s’est déroulée sans anicroches, et qui constitue la première
phase d’un plan à long terme de retour sur la Lune.

Et tout cela, pour des centaines de fois moins cher que la navette spatiale.

SMART-1, la sonde spatiale en question, qui s’est écrasée sur la Lune à l’heure prévue dimanche dernier, 3 septembre, était en orbite autour de notre satellite depuis décembre 2005, se livrant à diverses analyses géologiques. Mais son principal fait d’armes était d’être arrivée là-haut grâce à un moteur ionique, ce nouveau mode de propulsion qui représente peut-être l’avenir du voyage spatial: il est plus économe en carburant, donc nécessite un engin beaucoup moins lourd, donc beaucoup moins coûteux.

La sonde a pourtant mis 14 mois pour atteindre l’orbite lunaire –contre 3 jours pour les missions Apollo d’il y a 35 ans– mais cette lenteur était elle-même le résultat du test de ces nouvelles technologies. Le principe du moteur ionique réside dans l’expulsion de xénon, littéralement atome par atome. La poussée, chaque fois, est infime, mais à long terme, elle s’avère payante. S’il y a peu de chances qu’elle propulse jamais un autobus spatial Terre-Lune, en revanche, elle serait parfaite pour abréger les longues missions vers Mars ou les planètes lointaines.

Autre technologie prometteuse: le détecteur à rayons X de SMART-1, qui a été au coeur de ses analyses géologiques: il équipera une autre sonde lunaire, envoyée par l’Inde celle-là, en 2007 ou 2008. Les États-Unis ne sont définitivement plus les seuls dans la course à la Lune...