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Une faille dans la cuirasse du SIDA

Agence Science-Presse, le 21 février 2007, 12h00

(Agence Science-Presse) Les chercheurs ont trouvé une faille au redoutable virus du sida. Un point vulnérable a été identifié à sa surface qui pourrait enfin permettre la réalisation du vaccin tant attendu.

Le virus du SIDA réussit à échapper au système immunitaire parce que les protéines qui recouvrent sa surface changent constamment de structure. Mais les chercheurs ont enfin repéré un site qui ne se modifie pas et découvert un anticorps qui peut s’y fixer. Si le corps parvient à reproduire plusieurs copies de cet anticorps avant l’infection il pourrait, en théorie, combattre l’insaisissable virus et prévenir l’infection.

«Pendant longtemps, les chercheurs se sont demandés si un vaccin était réalisable», indique Peter Kwong de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses de Bethesda, au Maryland, aux États-Unis. «Grâce à la découverte de ce site de vulnérabilité, le vaccin n’est plus seulement un rêve».

Le site vulnérable est la protéine gp120 identifiée sur le virus HIV. Durant l’infection, la gp120 s’accroche à une protéine du système immunitaire appelée CD4. Parce que cette étape est cruciale à la reproduction du virus, la protéine gp 120 ne se modifie pas contrairement aux autres protéines à la surface du virus HIV. Les scientifiques connaissaient cette protéine depuis longtemps mais croyaient qu’elle cachait son site d’ancrage jusqu’au moment de l’infection. Sans site d’ancrage, il est impossible aux cellules du système immunitaire de la reconnaître et de s’y accrocher pour la détruire. Or, il n’en est rien. Kwong et ses collègues ont découvert que la protéine ne change pas de forme avant d’infecter le corps. Son système d’ancrage n’est pas occulté jusqu’à ce moment fatal. Mieux encore, l’équipe de chercheurs a réussi à lier un anticorps, nommé b12 à la fameuse protéine gp120.

L’anticorps b12 est reconnu pour protéger les singes du VIH. Le défi consiste maintenant à stimuler le corps humain à produire ces anticorps. Un vaccin pourrait fournir l’information nécessaire pour produire l’anticorps b12. Une partie de la protéine HIVgp120 pourrait aussi être utilisée pour stimuler le corps à produire des anticorps contre elle. Des personnes infectées par le HIV ont développé des réactions immunitaires semblables. Mais parce qu’elles ont déjà été infectées par le virus, il est trop tard pour prévenir la maladie chez elles. Un tel vaccin ne serait efficace que s’il est administré avant l’infection.

2 commentaires

Portrait de Visiteur

Si cette dynamique site/anticorps est valable pour empêcher la diffusion du virus, alors elle est la solution préventive absolue conte le HIV.
Par contre compte tenu des explications, je ne comprends pas pourquoi une personne séropositive ne pourrait pas bénéficier d'un tel vaccin ? Si les b12 empêchent la réplication du virus alors le virus serait contenu,(comme bp d'autres virus déjà existants)et ne s'exprimerait jamais puisqu'il ne se diffuserait pas ! Ne serait-ce pas là une vaccination aussi ?
Ma compréhension est sûrement approximative mais vu d'ici ma question est sûrement celle que l'on se poserait tous au sujet des personnes déjà infectées par le virus.
Merci pour vos reponses