Rien de plus facile ! Il suffit d’accumuler suffisamment de masse ou d’énergie à l’intérieur d’un rayon donné et, tout ce qui s’y trouve sera emprisonné à tout jamais, même la lumière. Ce rayon critique croit avec la masse de l’objet. Pour le Soleil, par exemple, il est de 2 km. À l’opposé, le rayon nécessaire à la formation d’un micro trou noir à partir de la masse de 5 atomes d’or serait d’un dixième de trillionième de mètre, soit l’équivalent de celui d’un proton divisé par 104 ! Du moins, c’est la valeur prédite par la relativité générale d’Einstein.

Certaines théories physiques prévoient l’existence de dimensions supplémentaires aux trois habituellement connues : hauteur, largeur et profondeur. Ces autres dimensions seraient perceptibles qu’à des échelles allant d’une fraction de millimètre à un millième de la taille d’un proton. À ces échelles, la force gravitationnelle serait énormément amplifiée. On aura donc besoin de concentrer moins de matière dans un volume donné pour fabriquer un trou noir en laboratoire ! Ainsi, l’accélérateur de particules Large Hadron Collider, qui entrera en service dans quelques mois, serait en mesure d’en produire un milliard par an, soit dix par seconde !

Est-ce que c’est dangereux ?

Non, affirment les scientifiques ! Selon les prédictions du physicien anglais Stephen Hawking, ces micro trous noirs s’évaporeraient en une infime fraction de seconde. Et si Hawking s’était trompé ? Des rayons cosmiques extrêmement énergétiques entrent régulièrement en collision avec la Terre créant aussi des micro trous noirs. Depuis la formation du système solaire, un demi-kilo de trous noirs naturels aurait été ainsi produit sans que nous en portions plus mal !