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Les débrouillards

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75e Congrès de l'Acfas

Ma vie, ma reproduction

Isabelle Burgun, le 14 mai 2007, 20h00

(Agence Science-Presse) Bouger, faire attention à son alimentation et à son style de vie permettrait de prendre soin de… sa santé reproductive ! « Si le métabolisme est affecté, la première fonction qui tombe est la reproduction », annonce François Richard, chercheur au Centre de recherche en biologie de la reproduction (CRBR) et responsable du colloque de l’Acfas, « Impact du style de vie et de la nutrition sur la reproduction ».

La quête d'un idéal

L’obésité, il faut s’en occuper. “Il faut se méfier des discours sur la santé qui cachent des idéaux perfectionnistes”, affirme Lyne Létourneau du Centre de recherche en biologie de la reproduction (CRBR).

Les travaux sur l’obésité, les régimes alimentaires, le surentraînement sportif interpellent aussi ceux des sciences humaines. “Il faut conserver la faculté de se questionner et de critiquer les avancées scientifiques”, s’exclame la chercheuse. "Mais Les liens qui unissent le style de vie et la reproduction ne sont pas encore démontrés, il s’agit encore plus d’hypothèses que de faits”, tranche-t-elle.

Alors que Louise Brown, premier bébé issu de la fécondation in vitro, fêtera ses 30 ans l’an prochain, les cas d’infertilité dans les pays occidentaux se sont multipliés et les solutions techniques aussi. Aujourd’hui les chercheurs désirent plutôt prendre le problème à la source. « La reproduction, ce n’est pas juste le système reproductif. Nous voulons aller au-delà des organes et être proactif », annonce le professeur Richard, du département des sciences animales de l’Université Laval.

Si le lien entre les contaminants et la reproduction n’est plus à démontrer, il reste à observer l’influence du mode de vie, de l’alimentation ou encore de l’obésité sur une gestation réussie. Une nouvelle voie de recherche qui cherche à réunir des scientifiques de diverses disciplines pour démarrer de nouvelles collaborations, en commençant par ceux qui œuvrent en santé animale.

Comme des bêtes

Dans les porcheries modernes, les truies engendrent en moyenne 12 porcelets. Les éleveurs désirent souvent augmenter les portées à 18 petits. Plutôt que de puiser dans la pharmacologie, les éleveurs devraient miser sur les suppléments alimentaires (vitamines, minéraux, etc.).

« Aujourd’hui, les éleveurs travaillent avec des animaux supérieurs à ceux d’il y a 25 ans pourtant ils négligent d’ajuster l’alimentation. Les animaux modernes reçoivent moins alors qu’ils produisent plus », lance Jean-Jacques Matte, chercheur scientifique d’Agriculture Canada.

Ainsi, les anti-oxydants favoriseraient l’ovulation. L’acide aminé tryptophane aurait un rôle déterminant dans le premier terme de la gestation. Les acides gras poly insaturés seraient les précurseurs des prostaglandines si importants pour le cycle menstruel et la fécondation.

L’ « immuno-nutrition » présente un impact direct sur la reproduction. Cette approche alternative, plus proche de la nature, constitue l’un des nouveaux maillons de recherche en santé reproductive animale.

L’acide folique (vitamine B9), l’un des nutriments vedette, maximiserait l’immunologie de la reproduction. « C’est notre star. Elle augmente la survie embryonnaire et améliore le dialogue embryo-maternel lors de la gestation », annonce le chercheur.

Alors que l’acide folique fait déjà partie des suppléments alimentaires des futures mamans, d’autres nutriments pourraient se trouver dans un futur proche dans notre assiette. Et les messages de santé publique viendront peut-être un jour nous rappeler : « Bouge, fais-le pour ta reproduction ! »

À visiter

Centre de recherche en biologie de la reproduction (CRBR)