Le solaire populaire... sauf chez ceux qui ont des sous
(Agence Science-Presse) L’énergie solaire attire l’attention... mais pas l’argent. Dans un bilan qu’il traçait récemment des énergies alternatives, le New York Times souligne combien le solaire a acquis ses lettres de noblesse au sein de la population... mais semble fort peu attirant pour les investisseurs.
- Une heure d’ensoleillement contient davantage d’énergie que tout ce que les humains peuvent utiliser en un an.
- Les investissements publics ne sont pas exempts d’ingérences politiques :
- le nucléaire obtient un soutien sans faille des sénateurs du Nouveau-Mexique, où se trouvent deux célèbres instituts internationaux (Los Alamos et Sandia)
- L’éthanol et les biodiesels attirent les politiciens partisans de subventions à l’agriculture (soit... le tiers du Sénat)
- L’industrie du charbon a reçu des milliards pour des recherches sur le mythique « charbon propre ».
- The Energy Challenge, un dossier du New York Times
L’association regroupant les compagnies associées au nucléaire tenait récemment un sondage auprès de 1000 Américains, leur demandant quelle source d’énergie serait, à leur avis, la plus utilisée dans 15 ans. A leur grande déception, le nucléaire n’était pas en tête de liste : c’était le solaire, cité par 27% des personnes interrogées.
Partout à travers le monde occidental, les panneaux solaires bourgeonnent, des champs d’Europe aux édifices de Wall Street. Mais en 2006, le solaire ne fournissait que 0,01% de l’électricité produite aux États-Unis.
Et si les choses continuent d'avancer au même rythme, selon le ministère américain de l’Énergie, en l’an 2030, l’énergie solaire ne représentera que 2 à 3% de la production d’électricité aux États-Unis.
Pendant ce temps, les centrales au charbon continuent d’être construites à travers le monde au rythme de... plus d’une par semaine.
La raison: si le solaire provoque l’engouement chez les adeptes d’un monde plus vert, la technologie ne progresse pas assez vite pour intéresser le reste de la population —et avec eux, ceux qui pourraient mettre suffisamment de sous pour, justement, accélérer le rythme des améliorations.
« Les produits environnementaux dont nous disposons sont des jouets, en comparaison de l’échelle à laquelle il faudrait passer pour vraiment résoudre les problèmes de la planète », résume pour le New York Times un entrepreneur de la Silicon Valley, Vinod Khosia.
Qui plus est, le gouvernement américain n’a pas (encore) fait sa part : pendant des années, c’est le nucléaire qui a reçu le gros des investissements en recherche et développement. Aujourd’hui, de plus en plus d’argent est dévolu à la recherche pour une et une seule énergie alternative : l’éthanol... particulièrement, quelle surprise, dans les régions productrices de maïs.
Pendant l’année fiscale 2006-2007, le ministère de l’Énergie prévoit dépenser 159 millions$ en recherches sur le solaire contre 303 millions$ en recherches sur le nucléaire... et 427 millions$ en recherches sur le charbon.


Je suis pas mal sûr que si le dixième de ce qui a été investi dans le nucléaire était mis dans le solaire, nous serions près depuis longtemps d'une autonomie énergétique...
Mais je crois que de par sa nature, le solaire se centralise mal et peut se développer trop facilement en relativement petites unités.
Quand on pense que la colonne vertébrale de l'économie est basée sur l'industrie pétrolière mais dont les réserves diminuent inexorablement, il n'est pas étonnant que les puissants de ce monde cherchent désespérément une forme d'énergie hautement centralisable pour garder le contrôle des profits.
L'énergie solaire souffre d'être un peu trop accessible à tout le monde....