Environ 400 000 Québécoises ménopausées souffriraient actuellement d’ostéoporose. Pour ces femmes, une banale chute peut souvent se traduire par une grave fracture. Le mécanisme de régénération des os se fatiguant avec l’âge et les os de personnes atteintes d’ostéoporose s’effritant plus facilement, ces fractures sont souvent plus difficiles à réparer.

La grande majorité des traitements contre l’ostéoporose consistent présentement à contrer le processus de résorption des os. Les traitements favorisant la fabrication des os font cependant figure d’exceptions. Ils sont coûteux, administrés par injection ou accompagnés d’un risque accru de cancer du sein comme dans le cas des traitements hormonaux destinés à compenser la baisse des oestrogènes.

Les travaux du Dr Buckbinder, du centre de recherche et de développement de la firme pharmaceutique Pfizer dans le Connecticut, suscitent un nouvel espoir. Ce chercheur s’est intéressé à l’enzyme PYK2, connue pour jouer un rôle dans les mécanismes de formation et résorption des os. Il a découvert que cette enzyme inhibe la formation des os. En la bloquant, il serait donc possible d’enrayer l’inhibition et par conséquent, de restaurer la formation des os. Ainsi, des souris auxquelles on a administré un inhibiteur de l’enzyme, ont formé de nouveaux tissus osseux. Cet inhibiteur offre ainsi une nouvelle piste pour développer un traitement visant à reformer les os dégradés.

Le Dr Jacques Brown, chef de service de rhumatologie au centre hospitalier universitaire de Québec est enthousiasmé par les résultats obtenus par son collègue. Selon lui, « ses résultats sont fascinants ! » et il s’agit « d’une avancée intéressante » vers la découverte de nouveaux traitements favorisant la formation des os. De plus, de par la nature de l’inhibiteur utilisé, les coûts de ce traitement devraient être plus abordables et l’administration orale conférerait un réel avantage. Reste cependant à poursuivre les études et notamment les essais cliniques pour s’assurer de l’absence d’effets secondaires indésirables.