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Actualité

Journée mondiale de l'alimentation

Manger végé pour sauver la planète

Benoît Lacroix, le 16 octobre 2007, 18h00

(Agence Science-Presse) « Rien ne bénéficiera autant à la santé humaine et n’augmentera autant les chances de survie de l’humanité sur Terre que l’évolution vers une alimentation végétarienne. » Qui a prononcé ces mots ? Nul autre que l’un des plus grands physiciens de la planète : Albert Einstein ! Visionnaire, l’éminent scientifique ?

Dans un éditorial publié récemment dans l’American Journal of Public Health, David Benatar, chercheur à l’Université de Cape Town, en Afrique du Sud, propose de prescrire le végétarisme, ou du moins de diminuer de façon radicale notre consommation de viande, pour lutter contre la grippe aviaire et les autres zoonoses, des maladies transmissibles de l’animal à l’homme.

Par ailleurs, un article récent du journal médical The Lancet vient appuyer le recours à une telle approche préventive, mais pour d’autres raisons. Selon les auteurs de l’étude, l’élevage du bétail contribue fortement aux changements climatiques, en plus de restreindre l’accès à la nourriture dans certains pays pauvres et de causer des problèmes de santé chroniques au sein des pays riches. Ils proposent donc de diminuer la consommation mondiale de viande de 10 % d’ici 2050.

Gilles-Éric Séralini, président du conseil scientifique du CRIIGEN (Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique) et spécialiste mondial des OGM, précise que la diminution de la consommation de viande appelle à une remise en question globale de l’économie mondiale. « Nous savons que l’alimentation carnée est trop importante et qu’elle nuit à notre santé. Nous savons aussi que moins nous mangerons de viande, plus notre agriculture sera durable. Mais pour changer les choses, il faut repenser notre système économique, notre manière de distribuer la richesse et nos modes de production. »

Grippe aviaire, SRAS et maladie de la vache folle sont les plus connues des maladies transmissibles de l’animal à l’homme, remarque David Benatar. Il note aussi que certains chercheurs ont émis l’hypothèse que toutes les infections virales prendraient leur source chez les animaux. C’est d’ailleurs le cas du VIH-SIDA, dont on soupçonne l’origine chez les singes. Dans cette perspective, M. Benatar met en lumière le fait que manger moins de viande constitue une méthode de prévention évidente pour réduire les chances d’épidémies de grippe. À long terme, cela permettrait aussi d’éviter l’apparition de maladies encore inconnues qui naîtraient de l’élevage intensif.
D’ailleurs, en matière de propagation des zoonoses, les modes de production sont de plus en plus montrés du doigt.

Le mois dernier, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) mettait en garde le monde entier face au danger grandissant que représente la transformation de la production animale. Malgré tout, les avis sont partagés quant aux modes de production à privilégier. Élevage industriel s’oppose souvent à élevage traditionnel. Et il est encore difficile de remettre en question l’élevage intensif.

« Le monde doit incontestablement faire appel à certaines technologies des systèmes de production vivrière animale intensive. Mais la concentration excessive d’animaux dans de grandes unités de production industrielle est à éviter », déclare Joachim Otte, expert en politiques d’élevage à la FAO. De son côté, Danielle Nierenberg, chercheuse pour le Worldwatch Institute, demande à la FAO de concentrer ses efforts de prévention contre la grippe aviaire sur les grands producteurs de volaille, plutôt que de s’en prendre aux petits fermiers des pays en voie de développement.

Les récentes recherches nous apprennent également que l’élevage du bétail produit 18% de tous les gaz à effet de serre de la planète en plus d’utiliser 37 % des pesticides et 50 % des antibiotiques. Si on ajoute à cela que la diète végétarienne exige près de 15 fois moins d’eau potable que l’alimentation normale, il y a de quoi regarder d'un autre œil notre steak.

Alors, sommes-nous prêts à passer au végétarisme ? Richard Giovannini, président de l’Association végétarienne de Montréal, nous rappelle que la liste des bonnes raisons pour devenir végétarien est longue. Il se réfère d’ailleurs à un rapport très complet du Worldwatch Institute, dans lequel sont citées les conséquences d’une diète carnée sur la santé de la planète. En plus des changements climatiques, des zoonoses et des maladies chroniques (maladies cardiovasculaires, obésité, diabète, cancers), on y parle aussi de déboisement, de consommation et de pollution de l’eau, de quantités phénoménales d’excréments et de pertes de biodiversité.

Et M. Giovannini se dit heureux de la prise de conscience environnementale actuelle. « Il est maintenant reconnu que la diète végétarienne a un impact majeur pour sauver la planète. Le discours doit maintenant faire son chemin comme ce fut le cas pour les changements climatiques. »

8 commentaires

lumiere sur la verite

Portrait de francoise 77

Enfin des informations qui nous ouvrent les yeux au lieu de masquer les réalités : la nature s'autogère toute seule et l'homme n'est pas "équipé" (mâchoire) pour manger de la viande !

une vision trop réductrice

Portrait de Ronan Arhuro

Même si les points évoqués sont fondés, on néglige certains aspects de la problématique liée à l'élevage.

En effet, dans les agrosystèmes occidentaux, si l'intensification est source de dégradations des écosystèmes, on considère qu'une perte de la biodiversité intervient aussi par l'abandon des systèmes prairiaux et de l'élevage extensif qui y était mené.

En France, la problématique de la déprise agricole et des ses impacts sur la biodiversité est connue, mais rencontre peu de prise en compte effective, à part localement sur certaines réserves. Un certain nombre de mesures agri-environnementales sont ainsi dédiées au soutien à l'élevage extensif (bovins, ovins essentiellement).
Sans la participation de l'élevage à la conservation de la biodiversité, je doute que les résultats puissent être à la mesure des enjeux et des investissements.

bon article.... faut dire

Portrait de Visiteur

bon article.... faut dire que la prolifération des élevages intensifs est beaucoup responsable des problèmes sanitaires rencontrés.... moi, je suis végé depuis 1988 pour des raisons éthiques (ahimsa, ou non violence envers les animaux)

Réponse à Darcora

Portrait de Une résidente de la planète

Voyons donc ! La chasse et la pêche à proximité de chez soi tout en respectant une gestion durable et une méthode de mise à mort rapide sont des moyens naturels et parfais de réduire notre empreinte écologique. Oui pour réduire notre consommation de viande. Oui pour éviter une empreinte écologique dûe aux méthodes de surproduction. Oui pour éviter toute souffrance autant animale qu'humaine. Par contre pour conserver notre crédibilité et en tant qu'êtres matures et intelligents : évitons d'être extrêmistes et de s'opposer à tout et n'importe quoi sans trop de réflexion. Nous ne pouvons nous retirer de la biodiversité et c'est ce qui est naturel et durable. C'est aussi un indicateur de la viabilité de nos populations humaines.

Viande : souffrance et meurtre d'animaux

Portrait de Darcora

Il y a également une autre raison pour renoncer à la viande, c'est qu'elle implique la maltraitance et la mise à mort de milliards d'animaux, ceci sans nécessité (puisque le fait de ne plus manger de chair animale n'a aucune conséquence négative sur la santé). Des millions de personnes ont déjà fait le choix de ne plus manger d'animaux pour des raisons éthiques.
Cependant, cela ne se limite pas à une question de choix personnel : c'est à la base que la production de viande devrait être tout simplement interdite.

Ainsi, je soutiens le MAV, mouvement mondial d'abolition de la viande.

Voici sa résolution :

Parce que la production de viande implique de tuer les animaux que l'on mange,
parce que nombre d'entre eux souffrent de leurs conditions de vie et de mise à mort,
parce que la consommation de viande n'est pas une nécessité,
parce que les êtres sensibles ne doivent pas être maltraités ou tués sans nécessité,
l'élevage, la pêche et la chasse des animaux pour leur chair, ainsi que la vente et la consommation de chair animale, doivent être abolis.

Le plus dur c'est de s'y mettre

Portrait de Actias

Le plus dur c'est de s'y mettre. Moi j'ai commencé il y a 7 ans. Au début ça fait bizarre de plus manger de viande et aprés ça impose comme une evidence. On se sent mieux et on pollue beaucoup moins, zéro regret.

C'est dommage que ni le grenelle de l'environnement, ni al gore, ni nicolas hulot ne parle de ça alors que c'est ce qu'il y a de plus efficace pour diminuer son empreinte ecologique. Ca sent un peu l'hypocrisie.

100% d'accord, pas le

Portrait de kerloen

100% d'accord, pas le moindre mot au grenelle, ou certains sujets étaient tabous, la discussion impossible et les possibles porteurs (Hulot, greenpeace) pas intéressés.
Même sans avoir porté le sujet dans les débats,pluisque toutes négociation la dessus était impossible, au moins auraient-ils pu en dire un mot... mais non, principal émetteur de gaz à effets de serre (données FAO), l'élevage reste intouchable!!