Que ceux qui aiment les sciences lèvent la main
(Agence Science-Presse) Plus le pays est riche, et plus l’élève risque de trouver les cours de science ennuyeux et inutiles. Plus le pays est pauvre, et plus l’intérêt est élevé.
L'étude Relevance of Science Education
C’est l’un des plus étonnants constats —mais jusqu’à récemment passé inaperçu— d’une l’étude internationale sur l’utilité de l’enseignement des sciences (ROSE, pour Relevance of Science Education). Une étude qui n’est pas terminée, mais dont certains résultats ont déjà commencé à être rendus publics. Et ce résultat-là a fait jaser.
Car la corrélation qui se dégage entre la richesse du pays et l’intérêt pour la science est très forte. Si on classe les pays en fonction de l’indice du développement humain des Nations Unies, les deux courbes se suivent en parallèle. Au bas de l’échelle, dans des pays comme le Bangladesh, le Ghana et l’Ouganda, le désir de devenir un scientifique parmi les enfants de 15 ans est à son plus fort.
Pour ces pays-là, ce n’est pas étonnant, considérant qu’une carrière scientifique peut être vue comme une façon de sortir de la pauvreté. Mais comment expliquer qu’à l’autre extrémité de l’échelle, l’intérêt pour les sciences soit systématiquement aussi bas? Et y a-t-il quelque chose à faire?
Rendre les cours de science moins ennuyants
L’étude, qui porte sur des dizaines de milliers d’enfants, est coordonnée par Camilla Schreiner et Svein Sjoberg, de l’Université d’Oslo, en Norvège. Elle n’est certes pas la première à pointer du doigt que quelque chose ne tourne pas rond dans l’enseignement des sciences. Depuis des décennies, bien des chercheurs occidentaux, comme le Britannique Michael Reiss qui en parle dans le New Scientist, ont constaté que « les enfants de 11 ans qui arrivent à l’école secondaire sont intéressés à étudier les sciences, et enthousisasmés par la perspective de travaux pratiques dans des laboratoires excitants... Mais malheureusement, la majorité auront trouvé les cours de science ennuyants et inutiles. »
Pas assez ancrés dans l’actualité, pas assez d’espace pour des débats, pas assez de choix... Ce sont les critiques qu’on entend dans à peu près tous les pays. Sans compter la pire de toutes : la science, c’est pour les gens plus intelligents que moi.
Parmi les solutions envisagées :
- sortir la science des salles de cours
- encourager l’apprentissage par d’autres canaux comme les musées et leurs salles pour les jeunes
- voir la science comme une façon de résoudre des problèmes plutôt qu’un savoir à apprendre par coeur
- commencer par quelque chose qui suscite l’intérêt des jeunes, comme de simuler la gestion d’une réserve naturelle ou choisir l’emplacement d’une usine de produits chimiques...
Ça nécessiterait, bien sûr, une réécriture majeure des programmes. Sûrement pas le genre de résolution du Nouvel An qui pourrait prendre effet en 2008. Mais un premier pas, qui sait...


Votre commentaire "Rendre les cours de science moins ennuyants" reporte tout le problème sur le monde enseignant ou sur les gens qui ont le pouvoir dans l'élaboration des programmes avec un budget donné.
Il faut aussi s'interroger sur la mentalité de consommateurs des adultes ou enfants gavés qui vivent dans les pays riches, mentalité transmise par les médias, les grands groupes financiers et tous ceux qui ont intérêt à ce que le temps de cerveau disponible soit conditionné par la publicité privilégiant "l'avoir" et non "l'être".Il faut s'interroger sur l'image de la science donnée par les politiques, sur les crédits attribués à la recherche dans notre société. Il faut s'interroger sur la fascination pour les gens qui ont une grande gueule et des avis sur tout, et le peu d'intérêt qu'on porte sur les gens qui prennet le temps de réfléchir avant de parler et pèsent leurs mots.