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Science 2.0

Vers des congrès plus conviviaux?

Agence Science-Presse, le 22 janvier 2008, 2h00

(Agence Science-Presse) RALEIGH, Caroline du NordTous ceux qui ont déjà assisté à un colloque se reconnaîtront : une table-ronde dont la qualité des panelistes laisse à désirer; un auditoire frustré de n’avoir pu créer une bonne dynamique, faute de temps pour poser des questions. Pourquoi alors ne pas plutôt assister à une « non-conférence »?

Lire nos deux autres textes sur le congrès 2008 "Science Blogging":

Les blogues: l'avenir du journalisme?

Science et communication: intersection ou collision

Le principe de base est simple : tourner les projecteurs vers la salle, afin que les spectateurs deviennent participants. « La somme des expertises de l’audience est plus élevée que celle des gens sur la scène », décrit le blogueur Dave Winer, qui a contribué à populariser cette idée. Une idée qui s’inscrit dans un besoin plus large : celui, pour des millions de gens, de prendre la parole : blogues, baladodiffusion, wikipédia, bref, ce « web 2.0 » qu’on dit plus participatif.

La formule était justement expérimentée samedi dernier, 19 janvier, dans le cadre du deuxième congrès annuel sur les blogues en science, en Caroline du Nord. « Il ne faut pas tolérer un modérateur plus de 3 minutes », a lancé d’emblée comme mot d’ordre le co-organisateur du congrès, Bora Zivcovic.

Avantages : le risque d’un conférencier soporifique disparaît; le contexte plus convivial rend les échanges d’idées plus faciles; un tel congrès peut être organisé plus vite et pour moins cher. Les participants peuvent même contribuer à l’avance aux échanges, en lançant des pistes de discussion sur une page wiki.

Désavantage : les échanges peuvent facilement sauter du coq à l’âne; des pistes qui auraient pu être intéressantes peuvent être mises de côté en raison de l’évolution des interventions; ce sont les risques inhérents à la formule.

Le mot « non-conférence » ou plus exactement « non-congrès » (en anglais, unconference) aurait été employé pour la première fois en 1998, mais ses origines remonteraient jusqu’à 1985, dans la communauté des passionnés de technologies, selon l’encyclopédie Wikipédia —qui est elle-même une sorte de non-conférence perpétuelle où tout le monde peut prendre la parole.

Le concept a débordé largement au-delà de cette communauté. Il était décrit l’an dernier par CNN comme une « tendance qui secoue l’industrie de 122 milliards$ des congrès ». Au Québec, une « non-conférence » sur l’éducation a eu lieu en septembre dernier.

Il reste à démontrer que la formule convient à tout le monde. Samedi dernier, ça fonctionnait bien avec des blogueurs qui sont habitués à s’exprimer, plusieurs étant même des professionnels de la communication. Mais est-ce que ça fonctionnerait bien avec des comptables?

Pascal Lapointe et Josée Nadia Drouin