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Le blogueur qui se tue à la tâche

Agence Science-Presse, le 29 avril 2008, 10h00

(Agence Science-Presse) Ils y travaillent de longues heures, y consacrent des soirées complètes sinon des nuits blanches, pour rien du tout, sinon la récompense d’avoir des commentaires. Et parfois, ils se tuent vraiment à la tâche.

Bienvenue dans l’ère des « sweatshop » numériques, ces usines où des travailleurs travaillent dans des conditions déplorables. Sauf que ces usines, ce sont leurs maisons ou leurs appartements, et que ces conditions, ils se les sont imposées eux-mêmes : produire des billets au jour le jour, parfois à la minute même, depuis leur ordinateur ou leur téléphone. Pour nourrir « une économie Internet qui demande un flot constant de nouvelles et de commentaires », écrivait récemment le New York Times.

Cet article du Times était tout de même, il faut bien le dire, un tantinet alarmiste. Avec son titre accrocheur, « Des auteurs bloguent jusqu’à ce qu’ils tombent », il faisait référence à deux blogueurs décédés depuis décembre, tous deux d’une attaque cardiaque : Russell Shaw, 60 ans, de North Lauderdale, Floride, « prolifique blogueur sur les technologies », et Marc Orchant, 50 ans, également spécialisé en technologies. Un troisième, Om Malik, a lui aussi subi une crise cardiaque mais y a survécu.

Bien sûr, la pression et le stress que certains s’imposent ne peuvent pas avoir que des effets bénéfiques... Certains blogueurs, nous apprend le journaliste du Times, se plaignent d’insomnies, d’épuisement... ou d’avoir pris du poids!

« Je ne suis pas encore mort », ironise Michael Arrington, fondateur d’un populaire blogue sur les nouvelles technologies (un autre!), un des rares blogues, parmi la centaine de millions de blogues recensés par Technorati, à dégager de gros revenus (assez pour payer quatre personnes). Mais ce succès ne l’empêche pas de craindre la dépression nerveuse... ou une admission à l’hôpital. La pression pour produire de plus en plus, et de plus en plus vite, 24 heures sur 24 : « ça ne peut pas durer. »

Bientôt chez un coroner près de chez vous : « cause du décès : blogue »? Faut quand même pas s’énerver, tempère le magazine Slate. Aucun coroner n’a encore écrit « cause du décès : travailleur de la construction », et pourtant...

3 commentaires

Élever les consciences

Portrait de Isabelle Michaud

Nous pouvons fort probablement faire un lien avec ces situations et la cyberdépendance. De plus, n'oublions pas que le monde de l'information tourne à une vitesse vertigineuse. Néanmoins, ces situations ne se retrouvent malheureusement pas que dans le domaine du blog. Par contre, si cet article peut contribuer à faire élever un peu plus les consciences...

http://psychorientation.blogspot.com

Un blogueur c est un OUVRIER de la plume !

Portrait de Victor

Le support a change : des pages web.

En effet, le blogueur par definition blogue, c est a dire ECRIT comme bien avant lui l ont fait les ARTISANS et les "NEGRES "( entendez les ecrivains payes pour produire )de l ecriture.

On sait que BALZAC est mort pour s etre tue a produire pour payer ses crediteurs.

SIMENON produisait un polar en quelques mois de travail, sinon quelques semaines.

Mon blogue

http://carnetretraites.panamapensionar.com

qui parait 2 fois par semaine occupe bien des heures dans une semaine.

Il faut bien mourir de quelque maladie, non ?

se tuer à l'écriture

Portrait de agnès

sans doute ce fait est-il lié à une meilleure prise en compte actuelle des maladies du travail. Si les blogeurs perçoivent rémunération, cela devient un métier,ils se donnent fond, et ils subissent les maladies qui y sont attachées : stress, mais sans doute aussi le clavier "elbow". Pas mortel, mais pathologie réelle. Les travailleurs seuls chez eux restent des travailleurs...
agnès