Questions-réponses
Conférence sur le sida: pourquoi pas un vaccin?
(Agence Science-Presse) Un vaccin contre le sida est hors de question, entend-on depuis le début de la Conférence internationale de Mexico. Concentrons-nous plutôt sur la prévention, disent ces détracteurs. Pourquoi un vaccin serait-il hors de question? Qu’est-ce qui explique qu’après avoir semblé être si près, le mythique vaccin soit à nouveau relégué aux calendes grecques?
D’autres échecs, notamment celui-ci en 2004, ont marqué la petite histoire de la lutte contre le sida.
Une entrevue avec Mark Weinberg, de l’Université McGill, l’un des plus éminents chercheurs de la lutte contre le VIH (décembre 2007)
Nous avons été trop optimistes, ont reconnu plusieurs chercheurs cette semaine, à Mexico. Un mea culpa tardif, reproche le bulletin médical MedPage : ceux qui tentaient de développer un vaccin anti-sida « admettent à présent que les premières recherches étaient trop centrées sur l’idée de commercialiser un produit, avant même d’en savoir assez sur le VIH et sur la façon dont notre système immunitaire y réagit ».
Pourquoi cette admission maintenant?
Parce que la dernière année a été particulièrement décourageante. En septembre 2007, les tests d’un vaccin que l’on disait être le plus prometteur jamais mis au point, ont été interrompus, après trois ans, par la compagnie Merck, quand il fut démontré qu’il échouait sur tous les fronts. Les Américains n’ont tout d’abord pas abandonné l’idée de tester un candidat similaire sur une grande échelle (et sur deux continents, dont l'Afrique), mais le programme a été finalement rejeté il y a trois semaines par les autorités responsables (National Institute of Allergy and Infectious Diseases).
Cette étude américaine, PAVE 100, aurait coûté 160 millions$. Une version « allégée », au coût de 45 millions$, sera néanmoins entreprise, pour essayer de déterminer si le vaccin pourrait abaisser le taux de VIH dans le sang d’individus qui deviendraient, plus tard, infectés.
Et si tester un vaccin était effectivement un gaspillage d’argent, alors que la prévention peut accomplir bien mieux, pour moins cher?
C’est une hypothèse défendue cette semaine à la Conférence mondiale annuelle sur le sida, tenue à Mexico. Mais parmi les défenseurs indéfectibles du vaccin, on trouve des gens très pesants, comme la Fondation Bill&Melinda Gates, qui a versé des milliards de dollars dans la recherche.
Quelle différence entre un vaccin et les médicaments actuellement utilisés avec succès?
Un vaccin, en théorie, élimine un ennemi, en utilisant les défenses de notre propre corps —notre système immunitaire. Les médicaments anti-sida, eux, ne font que ralentir la progression du sida. Plus la maladie est diagnostiquée tôt, puis les médicaments réduisent sa présence, jusqu’à, dans certains cas, ramener le virus à un niveau indétectable. Mais il est toujours là, endormi, et les chercheurs craignent qu’il ne finisse par muter, et resurgir, un jour.
L’autre problème, c’est que ce cocktail de médicaments quotidiens s’avère extrêmement coûteux, hors de prix pour les Africains, chez qui se trouvent au moins les deux tiers des personnes infectées.
Pourquoi est-ce si difficile de créer un vaccin, alors que nous avons su créer ces médicaments?
C’est la grande question pour laquelle, s’ils connaissaient la réponse, les scientifiques détiendraient la clef du sida.
Ce qu’ils savent :
- le VIH attaque un type particulier de nos cellules : il y pénètre et injecte ses gènes parmi les nôtres. Résultat, à mesure que la cellule fabrique des copies d’elle-même, elle multiplie aussi le virus, dont les copies s’en vont à leur tour infecter d’autres cellules.
- Cette « stratégie », le VIH n’est pas seul à l’employer : c’est la caractéristique d’un groupe appelé rétrovirus, et c’est ce jeu de cache-cache dans nos propres cellules qui les rend plus difficiles à combattre.
- Cette stratégie explique aussi pourquoi le système immunitaire du séropositif diminue au fur et à mesure que progresse le virus : la cellule attaquée fait partie de nos globules blancs, qui sont notre défense contre les envahisseurs. Donc, plus le VIH tue de globules blancs, moins il nous reste de résistance.
Toutefois, ces dernières décennies, les scientifiques ont appris à combattre d’autres rétrovirus. Pourquoi le VIH leur résiste-t-il à ce point?
C’est là qu’on entre en territoire inconnu:
- On a observé autour du VIH une « enveloppe », faite du même matériau que certaines cellules humaines, ce qui le rend plus difficile à détecter par le système immunitaire. On espérait, sur la base d’essais prometteurs sur des animaux, que les nouveaux vaccins réussiraient. Chou blanc.
- Pour les scientifiques, un échec n’est jamais complet; cela fait autant de pistes d’éliminées. Mais s’ils ont une idée plus claire du territoire défriché, cela ne les éclaire pas vraiment sur le temps qu’il faudra encore.
- Deux décennies, a risqué cette semaine le Dr Anthony Fauci, directeur du National Institute of Allergy and Infectious Diseases. À condition que les « pro-vaccin » obtiennent les fonds qu’ils réclament.
6 commentaires
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par Nathalie Guimond
il y a 1 année
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Merci beaucoup pour ce commentaire éclairant! :) |
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par Marie-Christine D.
il y a 1 année
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La VRAIE raison est toute simple... "Les mécanismes cellulaires et moléculaires entourant l'interaction entre le VIH/SIV et le système immunitaire des primates (dont nous les humains) sont encore peu connus. Le manque de connaissances dans ce domaine est, selon toute vraisemblance, la principale raison pour laquelle nous n'avons pas encore pu créer un vaccin contre le SIDA efficace ou des traitements antiviraux qui peuvent éradiquer la maladie." - Paiardini et al., (2008), AIDS Reviews Jan-Mar;10(1):36-46. Il ne faut donc pas se leurrer à accuser les compagnies pharmaceutiques de ne pas avoir de volonté de fabriquer un vaccin. La seule critique que nous pouvons vraiment porter est contre le gouvernement pour qu'il finance davantage la recherche pour faire avancer les connaissances! et voilà! ;) |
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par Moi
il y a 3 années
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Peut-être serait-il plus juste de penser que s'il n'y a pas de vaccin, les gens feront plus attention. Imaginez qu'il y ait un vaccin... c'est toutes les autres MTS qui seront propagées puisque le plus grand risque encouru à "courailler" aura complètement disparu. Si vous êtes vacciné contre les gastro-entérites, rare sont les chances que vous vous éloignez d'une personne qui en a les symptômes... Alors, pourquoi les gens, vaccinés contre le SIDA, se protégeraient-ils alors que la plupart des femmes (célibataires) utilisent des anovulants? Certes, un vaccin sauverait peut-être les Africains, mais nous sauvera-t-il des autres maladies? |
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par Pierre Morand
il y a 3 années
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Je trouve ça très décevant, j'ai l'impression que les grandes compagnies pharmaceutiques sont contres l'idée d'un vaccin anti-vih. C'est une fois de plus une question de gros sous, parce que c'est beaucoup plus payant de traiter quelqu'un durant 30 ans que de le guérir une fois pour toute à l'aide d'un vaccin. |
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par vigor
il y a 3 années
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bonsoir !!je suis tres déçue d'apprendre que le vaccin contre le sida n'est pas pour demain!!!j'ai 3 fils !!qui st jeunes et je suis inquiete pour eux !!!ils ont 21-19-16ans!!!et j'avais bon espoir ds les chercheurs !!bien sur je continue à esperer!!! qu'ils trouveront une solution !!mais s'il faut attendre encore 20ans!!!!cela fait deja 30ans que sévit cette pandémie!! le vaccin!!!est le seul espoir pour sauver des jeunes vies!!!à tous les chercheurs je les remercie pour ce qu'il font et j'espere qu'ils avanceront à pas de géants !!!je sais que bcp a été fait!!!!!mais j'espere que cela ira vite pour trouver une solution !!!bon courage. bonnes recherches et encore merci ..VIGOR antoinette |





Il y a de l'espoir!
De nouvelles solutions sont constamment explorées par les équipes de recherche à travers le monde. Plusieurs possibilités sont envisagées: gel microbicides, vaccins thérapeutiques pour les patients atteints, vaccins personalisés avec les protéines de la souche de virus qui infecte le patient, etc.
Allez lire cet article, c'est inspirant !
"Therapeutic HIV Vaccines show promises" par Alison Abott sur Nature News: http://www.nature.com/news/2010/100727/full/466539a.html