Une génétique hors pair, une alimentation saine et beaucoup d’activité physique : voilà la recette infaillible contre l’obésité. Mais voilà que l’on apprend, dans une récente édition de Proceedings of the National Academy of Sciences, qu’un groupe de chercheurs américains aurait identifié quelques failles à cette formule miracle…

C’est en étudiant les bactéries intestinales d’individus démontrant un poids normal et d’autres souffrant d’obésité morbide qu’ils en sont arrivés à trouver, dans ces microorganismes, des suspects inhabituels jouant aussi un rôle dans le développement de l’obésité.

Ils ont pu ainsi identifier quatre familles de bactéries présentes uniquement dans les intestins des sujets obèses en plus d’y trouver des méthanogènes, un type de microorganismes similaire aux bactéries.

Selon les chercheurs, ces microorganismes présents dans les intestins des gens obèses arriveraient à fermenter très efficacement les fibres, ce qui leur permettrait d’être absorbées par les intestins et avec elles, les calories qu’elles contiennent. Le résultat: un repas est par conséquent plus « engraissant » pour ces personnes que pour une personne ayant un poids normal et dont les bactéries intestinales seraient impuissantes à dégrader les fibres.

Mais y a-t-il un espoir si on est habité par ces microorganismes un peu trop zélés? Il semblerait que oui! Les chercheurs ont aussi analysé la flore intestinale d’individus ayant subi une chirurgie bariatrique, c’est-à-dire une réduction de la taille de l’estomac et de l’intestin. Huit à quinze mois après cette opération, les microbes indésirables avaient disparu, probablement parce que la chirurgie modifie d’une façon si importante le système digestif qu’il n’est plus du tout favorable à leur présence.

Reste donc à déterminer comment ces microorganismes ont bien pu en arriver là. Une étude publiée en 2000 démontre que certaines de ces bactéries se retrouvent en plus grand nombre dans l’intestin des bébés nourris au biberon que dans celui des enfants allaités. Est-ce à dire que dès notre plus jeune âge notre alimentation favoriserait l’apparition de bactéries qui plus tard contribueront au développement de l’obésité? Il s’agit peut-être d’une piste à suivre.