« Que serait notre rapport au monde sans les conteurs qui ont retransmis nos mythes, légendes et récits traditionnels avant l’existence de la télévision, des romans et des journaux », questionne Thierry Prado, conteur et organisateur du Festival international du conte environnemental présenté jusqu’à ce jeudi dans le cadre du 5e Congrès mondial en éducation relative à l’environnement qui se tient présentement à Montréal et auquel participeront 30 conteurs et conteuses de tous horizons.

« Il n’est pas question de basculer dans la leçon environnementale », précise le conteur, qui est aussi étudiant au doctorat à la Chaire de recherche du Canada en éducation relative à l’environnement, laquelle est au cœur de l’organisation du Congrès mondial. Il rappelle que chacun des spectacles est d’abord un moment pour éveiller et évoquer des émotions, et non pour dire aux spectateurs quoi penser ni réfléchir. « Le conte environnemental n’est pas un récit de données catastrophiques. En préparant cet événement, nous visions plutôt à une conscientisation de l’état du monde par le ressenti. Pour certains, ce sera la révélation de leur vie. »

C’est en misant sur le conte populaire que le Festival a été conçu. Parce que depuis des millénaires, le conte a retransmis le savoir, les valeurs et les codes sociaux qui unissent les communautés. Drôle, humoristique, triste, bouleversant, multidisciplinaire, le conteur serait un peintre qui révèle la beauté de l’imaginaire avec des mots. « Nous savons que le conte est un outil pédagogique de plus en plus utilisé auprès des enfants pour passer du contenu environnemental. Mais nous ne voulions pas nous enfermer dans ce carcan, car tout conte n’est pas environnemental ni éducatif. C’est à travers la tradition du conte populaire québécois que nous voulions rejoindre les spectateurs », explique-t-il.

Plusieurs de ces contes connaîtront une seconde vie grâce à la publication d’un premier ouvrage collectif – Contes verts pour une planète bleue aux Éditions Michel Brûlé - qui regroupera les récits des auteurs, issus de la scène québécoise, française et antillaise. « Le conte connaît un regain de popularité et il y a peu d’occasions à Montréal où on peut en entendre. Nous trouvions que le 5e Congrès mondial d’éducation relative à l’environnement était une niche intéressante à exploiter », ne cache pas le conteur et chercheur.