Attention, âmes sensibles. Des chercheurs soulèvent un épineux problème, dont l’intérêt public est indéniable, mais il n’y avait vraiment qu’eux pour oser poser pareille question : pourquoi les bijoux de famille pendouillent-ils?

On se demande vraiment comment Darwin aurait réussi à expliquer ça. Parce que, eh bien oui, la réponse réside dans l’évolution. Donc, si le langage cru de l’évolution vous choque, arrêtez votre lecture ici.

À l’origine, il y a « l’unité de refroidissement » que représente le sac contenant les bijoux en question : la théorie courante veut que son utilité soit de maintenir son contenu à une température plus basse que s’il était entreposé à l’intérieur du corps.

Mais voilà que Gordon Gallup, psychologue de l’évolution —c’est vraiment son titre— à l’Université d’Albany —la capitale de l’État de New York, pas le pays— effectue une greffe sur cette théorie. Parce qu’il sert de frigo, le sac serait du même coup un outil « d’activation » : lorsque les millions de petites bestioles de l’organe mâle quittent leur frigo pour pénétrer l'antre, elles affrontent une soudaine hausse de température qui... les active! Un réveil après une longue hibernation, en quelque sorte.

Ça explique en partie pourquoi la nature a placé cette partie si vitale de l’anatomie en un endroit si vulnérable : d’un point de vue évolutif, c’est tout simplement plus efficace. Encore que ça n’explique pas pourquoi, parmi les mammifères, l’humain est un des rares à afficher aussi ouvertement ses bijoux de famille : chez la plupart des autres, ils sont soigneusement cachés, et nos cousins ne s’en portent pas plus mal.

Alors pourquoi avons-nous évolué de cette façon? Une théorie veut que ce soit l’équivalent des plumes du paon. On vous laisse méditer là-dessus.

Une autre théorie, défendue dans la dernière édition de Evolutionary Psychology par Gordon Gallup et ses collègues, et à vrai dire plus solide —difficile de trouver quelque équivalence avec les variations de couleurs du paon!— veut que la façon dont le sang irrigue le « sac » d’un côté et le quitte de l’autre, ait pour conséquence un entreposage au froid de meilleure qualité. Et comme on vient de le lire, la différence de température est un facteur-clef.

Comme quoi la nature est bien faite, il se produit aussi lors du passage à l’acte quelque chose que vous n’avez peut-être pas remarqué, qui est une rétractation du sac vers le corps : là encore, cela permet de garder l’intérieur au froid, et de continuer d'avoir un choc thermique lors du passage.

Cette théorie pourrait même expliquer que nous soyons un des rares animaux à préférer le faire la nuit —ce serait une conséquence de la nécessité, pour le mâle, de garder ses petites bêtes au froid. L’expression « psychologie de l’évolution » a soudain plus de sens...