Un quiproquo historique qui dure
(Agence Science-Presse) On la mange farcie, grillée ou glacée, à la viande, aux marrons, aux baies, aux croûtons ou aux fines herbes. Partout en Occident, la dinde envahit nos assiettes au réveillon. Mais que savons-nous de cette demoiselle?
De la dinde à Noël
Pendant le temps des Fêtes 2008, les Canadiens ont acheté 4.1 millions de dindons entiers, soit 43 % du total des dindons entiers vendus au cours de l’année.
4% des ménages canadiens (5,7 millions) ont acheté du dindon ou des produits de dindon pour Noël 2008.
Source : Les Éleveurs de dindon du Canada
La dinde et les Amérindiens ont en commun d’avoir été nommés de la sorte suite à un quiproquo géographique: selon la petite histoire, ce sont les conquistadores espagnols qui l'auraient découverte au Mexique alors qu'ils se croyaient aux Indes.
Domestiquée pendant des siècles par les autochtones d’Amérique, elle fut introduite en Europe au 16e siècle. Histoire compliquée, elle sera plus tard réintroduite en Amérique par les colons européens. En France, elle sera appelée «poule d'Inde», puis «dinde».
Naturellement assez petite et plutôt brune à l’état sauvage, ce n'est qu’à partir des années 1950 que les dindes ont commencé à être croisées de façon à arborer une musculature de championnes et à être majoritairement composées de cette viande blanche dont les consommateurs occidentaux raffolent.
Il y a à peine une décennie, alors que les croisements mettaient l’emphase sur la taille et la rapidité du développement en oubliant la force de l’ossature soutenant la bête, on en est venu à créer des dindes et dindons incapables de marcher, leurs petites jambes arquées ne pouvant plus supporter leur masse de plus en plus lourde.
Un généticien américain résout ce problème à la fin des années 90, en croisant une toute nouvelle génération de dindes avec une super-ossature, changeant ainsi radicalement leur apparence: ces dindes pouvant maintenant peser 30 kilos au bas mot.

