Lorsque l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a récemment annoncé un nouveau test de dépistage de la tuberculose, « rapide et novateur », c’est au Canada, curieusement, que la nouvelle a été le mieux accueillie. Un pays, pourtant, où la tuberculose n’est plus considérée comme un problème de santé publique.

Un test efficace?

Selon les experts de l’OMS, le test d’amplification de l’acide nucléique, appelé communément TAAN, est un test moléculaire qui permet de détecter et d’amplifier le matériel génétique de la bactérie tout en facilitant un diagnostic rapide.

Il détecte à la fois la tuberculose et sa forme multirésistante en moins de deux heures. « Ce qu’aucun autre test n’avait réussi à faire jusqu’ici. Habituellement, il faut compter trois mois. Ce test pourrait aussi être utile ici puisqu’il se fait en dehors des laboratoires conventionnels », précise Madhukar Pai, chercheur au département d’épidémiologie et de la biostatistique de l’Université McGill.

Le chercheur, qui a souvent dénoncé dans ses travaux le manque de rigueur méthodologique dans la mise en œuvre de nombreux tests de dépistage des maladies infectieuses, estime que la méthodologie de fabrication du TAAN est « bonne et valide ». Son collègue Divangahir, tout en reconnaissant le bien-fondé de ce nouveau test, observe tout de même quelque réserve quant à son utilisation. « Avant d’aller de l’avant avec un test comme celui-ci, il faut avoir une bonne compréhension de la maladie, ce qui n’est pas encore le cas. » Son coût relativement onéreux pourrait aussi constituer un frein à son utilisation.

Au Canada, la tuberculose reste une maladie infectieuse importante avec 1548 nouveaux cas actifs en 2007 dont 8 % se sont avérés mortels. En 2009, l’OMS évalue le nombre de décès attribuable à la tuberculose à l’échelle mondiale à 1 700 000 cas.