Une équipe internationale de chercheurs vient de confirmer l’existence dans notre galaxie d’une dizaine de planètes n’orbitant autour d’aucune étoile. Ces astres « orphelins » pourraient être plus nombreux qu’on ne le pense.

Depuis 1995, plus de 500 exoplanètes (planètes tournant autour d’une étoile autre que le Soleil) ont été découvertes en usant de différentes techniques, rappellent les auteurs de l’étude parue récemment dans la revue Nature . Mais on n’avait pas encore trouvé de planètes n’orbitant autour d’aucune étoile. Pourquoi cela? Une partie de la réponse réside dans une technologie du nom de « microlentille gravitationnelle ».

Il s’agit là, explique Étienne Artigau, du département de physique de l’Université de Montréal, « d’une des deux techniques pour trouver des planètes autour d’une étoile. Elle consiste en une amplification lumineuse qui permet de détecter des objets » qui ne brillent pas par eux-mêmes (comme une planète). Le problème toutefois avec cette technique, c’est qu’elle est « non reproductible ». C’est-à-dire qu’on ne peut observer deux fois le même objet de cette manière. On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve, quoi! Alors, quel est l’intérêt de la découverte?

Pour M. Artigau, « ce n’est pas très surprenant qu’il y ait des planètes sans étoile. Ce qui va être intéressant, ce seront les statistiques. On se doutait qu’il existait des exoplanètes n’orbitant autour d’aucune étoile, mais pas qu’il y en avait autant! On va vouloir très certainement confirmer tout ça dans les prochaines années ».

Cela dit, ces scientifiques, provenant principalement du Japon, de la Nouvelle-Zélande et des États-Unis, soulèvent une autre question: comment se sont créées ces planètes? Les astronomes présument jusqu’ici que les planètes, comme la nôtre, se forment dans un grand nuage de gaz et de poussières au centre se forme aussi leur étoile, comme notre Soleil.

Pour M. Artigau, deux scénarios peuvent mener un objet de la taille d’une planète à flotter sans attache dans l’univers : « le scénario où une planète se fait éjecter [de son système solaire] et celui qui veut que des objets légers peuvent se former seuls sans avoir jamais été en orbite. C’est une des questions auxquelles il faudra répondre ».