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Avoir un A, c’est ordinaire
(Agence Science-Presse) Aux États-Unis aussi, on s’interroge sur la valeur des notes des étudiants. Une vaste étude statistique révèle qu’elles s’améliorent avec le temps, et ce n’est pas parce que les étudiants sont meilleurs.
Passant en revue les notes attribuées par 200 collèges et universités pendant les 70 dernières années, Stuart Rojstaczer et Christopher Heal ont confirmé un phénomène déjà dénoncé, mais jamais analysé à aussi grande échelle: «l’inflation des A».
Autrement dit, le nombre d’étudiants qui décrochent un «A» augmente de façon démesurée, dépassant à présent les 40%.
Une première hausse marquée avait eu lieu dans les années 1960, et la croissance a repris à la fin des années 1980.
Pourtant, de nombreuses autres études ont démontré que les capacités de lecture des étudiants ne sont pas meilleures qu’avant, et leurs notes lors des examens d’entrée aux collèges sont à la baisse, elles.


Je dirais que c'est un phénomène généralisé dans les universités ici aussi, quelque soit le système de notation. Dans certains programmes, un 80% vaut automatiquement un A, alors que dans d'autres, ce sera plutôt 90%, par exemple. Dans d'autres, les étudiants sont toujours notés par rapport à la moyenne du groupe et l'écart-type (un écart-type = 1 cote de + que la moyenne), et la moyenne du groupe est une cote prédéterminée selon la session et qui augmente au fil du temps, peu importe les performances. Ainsi, dans ce système, la moyenne d'une classe de 1ere session sera C-, de 2e session: C, de 3e session: C+, de 4e: B- etc. Ainsi, un étudiant de 1ere session dont la note est d'un écart-type de + que la moyenne aura un B-. (Je n'ai pas besoin d'ajouter que dans ce système, contrairement à d'autres, avoir un A relève du miracle!).
Aussi, de plus en plus il y a apparemment une tendance parmi les universités à "gonfler" légèrement les notes, et ce, probablement afin de mieux faire paraître leurs étudiants pour les concours de bourses de recherche. En effet, dans le contexte actuel de coupures massives en recherche au niveau des gouvernements et du sous-financement chronique des universités au Canada, il semble de moins en moins évident d'obtenir des fonds...
Attention toutefois de ne pas faire de conclusions hâtives! Qui dit notes "gonflées" par ce système ne veut pas dire que la formation est de qualité moindre ! Il est important de noter que les étudiants des universités québécoises se démarquent régulièrement dans une panoplie de concours nationaux et internationaux dans plusieurs disciplines.