Bien qu’essentiels à la santé publique, les vaccins sont rarement populaires, et se retrouvent souvent au cœur de théories du complot plus ou moins fumeuses. Les récentes révélations sur les liens entre le vaccin contre la grippe saisonnière de 2008 et la grippe H1N1 ne font rien pour arranger les choses.

Plusieurs études pointaient dans cette direction depuis 2009. Voilà que des chercheurs du Centre de contrôle des maladies infectieuses de la Colombie-Britannique soutiennent l’avoir confirmé: le vaccin contre la grippe saisonnière de 2008 augmentait bel et bien le risque de contracter le virus H1N1.

Les chercheurs ne comprennent pas, pour l’instant, ce qui a pu causer un tel phénomène. Ils admettent volontiers qu’ils devront redoubler d’ardeur pour mieux saisir l’interaction entre les vaccins, le système immunitaire et l’influenza, avant que la prochaine pandémie ne pointe le bout de son nez.

Plus inquiétant pourrait être le ressac de ce genre de nouvelles sur le taux de vaccination contre la grippe saisonnière au pays. Déjà, les porte-parole des différentes agences de santé publique s’efforcent d’expliquer que seul le vaccin de 2008 posait problème. Comme les vaccins changent chaque année pour s’adapter aux mutations des virus grippaux, il n’y aurait pas lieu, selon eux, de s’inquiéter et de fuir la seringue.

Problème de réputation

Le message sera-t-il compris? Certainement pas par tous, si l’on se fie à un article publié récemment dans la revue de l’Association médicale canadienne. En observant le taux de vaccination chez plus de 435 000 Canadiens de 12 ans et plus, des chercheurs ont découvert des taux plus élevés dans les communautés asiatiques, notamment philippine (41%) et japonaise (38%), que chez les Canadiens se décrivant comme «Blancs» (32%) ou «Noirs» (27%).

Ce qui étonne, c’est leur interprétation de ces données. Après avoir ajusté les différentes variables sociodémographiques pouvant influer sur la vaccination, ils ont conclu que les écarts pouvaient s’expliquer par une exposition et une adhésion plus grandes aux campagnes anti-vaccins dans certains segments de la population.

Il faut dire que les vaccins en prennent régulièrement pour leur rhume dans les médias. De Macleans, qui pourfendait en 2007 le vaccin contre le papillome humain, à la croisade de la star américaine Jenny McCarthy, qui dénonce les liens entre les vaccins et l’autisme, en passant par certains sites Internet soutenant que le vaccin contre la grippe H1N1 visait en fait à tuer une part importante de la population mondiale, il y a de quoi angoisser!

Pour faire baisser la tension, allez jeter un œil sur la liste des dix plus mauvaises raisons de ne pas se faire vacciner contre la grippe, dressée par le médecin de famille américain Katharine Garnier. Ça remettra les choses en perspective!