Le système informatique de l’éditeur scientifique Elsevier aurait été piraté par une ou des personnes qui y ont introduit de fausses révisions d’articles scientifiques. Jusqu’ici, onze articles ont dû être retirés des archives de trois journaux du groupe.

L’incident a été révélé par le blogue Retraction Watch , qui a remarqué que deux avis de retrait d’article du journal Optics & Laser Technology étaient semblables, alors qu’il n’y avait aucun lien entre les deux articles.

Le rapport d’un réviseur, sur lequel s’est basé la décision éditoriale [de publier cet article], s’est révélé falsifié. Le rapport du réviseur avait été soumis par l’intermédiaire d’un compte fictif créé sur le système éditorial d’Elsevier, sous le nom d’un vrai scientifique, qui n’était au courant ni de l’article, ni du rapport.

Autrement dit, quelqu’un se serait introduit dans le système informatique, aurait pris l’identité d’un autre et publié des rapports favorables à plusieurs articles qui étaient alors en attente de révision. Une telle procédure semblerait banale pour quiconque suit l’actualité du piratage informatique depuis deux décennies. Mais on n’en avait encore jamais eu vent dans l’univers de l’édition scientifique.

Les 11 articles retirés proviennent de la Chine, de l’Inde, de l’Iran et de la Turquie. Le ou les pirates ne sont pas identifiés, mais Elsevier prend soin de souligner qu’aucune «connexion» n’a été établie entre les faux réviseurs et les auteurs des articles.

Sur son propre blogue, le porte-parole d’Elsevier —le plus gros éditeur de revues scientifiques au monde— raconte que l’alerte avait été lancée à la fin octobre. «Un des éditeurs de Optics & Laser Technology avait prévenu notre équipe» que des réviseurs de deux des articles soumis à ce journal avaient été «invités», mais sans que le journal ne sache par qui.