La récente initiative «Je vois mtl» propulsée par le milieu des affaires (BMO Groupe financier, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, etc.) vise à rassembler le monde communautaire, de l’éducation, de la culture et des sciences et celui des affaires autour de la même table.

 

«C’est un laboratoire scientifique, social et culturel pour mettre de l’avant des solutions technologiques et scientifiques pour Montréal», confirme le recteur de l’Université de Montréal Guy Breton. Il se fait porteur du projet «Le monde universitaire s’unit pour l’avenir de la Ville de Montréal» rassemblant neuf établissements: École polytechnique, ENAP, ÉTS, HEC Montréal, INRS, Université de Montréal, Université McGill, Université Concordia et UQAM.

À l’orée du 375e anniversaire de la ville de Montréal, en 2017, cette démarche collaborative «Je vois Mtl» repose sur un «programme de relance» pour hisser Montréal dans le peloton de tête des villes les plus dynamiques d’Amérique du Nord. Elle rassemble 180 projets dont plusieurs touchent les sciences et l’innovation, tel le Centre de recherche interdisciplinaire en études montréalaises (CRIEM).

Lancée en 2013, cette plateforme d’expertises universitaires rassemble 32 chercheurs —des historiens, des architectes, des philosophes et bien d’autres— de diverses universités qui œuvrent à améliorer la connaissance scientifique de la réalité montréalaise. «70% de la population vit en ville. Nous voulons faire circuler l’information pour que les citoyens participent aux projets des chercheurs et les chercheurs à ceux de la population», présente le directeur du CRIEM, Pascal Brissette.

Afin que le CRIEM devienne un carrefour scientifique et citoyen, un portail web où l’on pourra découvrir des initiatives de collaboration sera bientôt lancé. «Une cueillette de données météorologiques de la Vallée du Saint-Laurent depuis les débuts de la colonie a présentement cours, mais le chercheur manque de temps et de fonds suffisants pour embaucher des étudiants. Il fera alors appel à des citoyens bénévoles qu’il formera à l’entrée de données et à la compréhension historique en échange d’un coup de main», illustre en exemple le directeur.

Avec pour objectif de favoriser la persévérance scolaire des jeunes de Montréal-Nord, le projet «Pour un Montréal-Nord scientifique» est plus que de la simple aide aux devoirs. «Nous voulons épauler les enseignants du primaire en les accompagnant avec des trousses d’activités de science adaptées au programme scolaire», résume le chargé de projet et professeur au Cégep Marie-Victorin, Simon Langlois. Avec la participation d’étudiants dans la salle de classe, les élèves peuvent ainsi monter des projets parascolaire comme les Expos-sciences ou le Festival de robotique.

Plus ambitieux, le projet «Science et innovation dans mon école» vise également à soutenir l’enseignement des sciences dans les écoles du «Quartier de l’Innovation» —l’ancien quartier industriel de Griffintown, Pointe-Saint-Charles et Saint-Henri/Petite Bourgogne. «Nous voulons y cultiver la passion des sciences et briser le cercle vicieux de la démotivation des élèves en leur redonnant le droit de rêver de devenir un jour un jeune scientifique universitaire s’ils le désirent», annonce Elizabeth Wood de la Faculté de l’éducation de l’Université McGill.

À plus long terme, il s’agira de bâtir une école à vocation scientifique basée sur de nouvelles méthodes d’apprentissage et d’organisation —espaces flexibles, gestion différente du temps scolaire et des classes, bilinguisme, etc. Inspirée des travaux du pédagogue brésilien Paolo Freire, cette nouvelle école à vocation scientifique se veut un modèle d’innovation et de maillage avec la communauté.

«Ce sera une école nouvelle où l’on expérimentera beaucoup pour effacer les frontières entre l’école, l’université et la communauté», explique la vice-doyenne académique. Encore dans les cartons, ce projet est soutenu par le Bureau de l’équité sociale et l’éducation à la diversité (SEDE) et la Fondation Webster.