Insultes racistes, profilage racial, traitement d’un groupe ethnique comme s’il était d’un rang inférieur: la tendance à traiter l’autre comme «moins humain » reste très répandue, même au 21e siècle. Mais pourquoi?

Pour les psychologues et les sociologues, le phénomène est beaucoup plus répandu qu’on ne l’imagine et il n’agit pas uniquement sur des bases ethniques. Ça n’est pas non plus uniquement du racisme. Cela renverrait à une attitude très ancienne, sans doute des dizaines de milliers d’années, consistant à juger les membres du groupe social auquel nous appartenons comme étant plus humains que les autres.

Dans un dossier qu’il consacre à la question, le New Scientist s’intéresse à ce «talent» que nous avons pour les préjugés —juger une personne en fonction de son apparence, son sexe, sa religion, etc. Et paradoxalement, ça n’a pas que des inconvénients: l’être humain a, semble-t-il, un besoin très fort d’appartenir à un groupe— politique, travail, sport, amitié. Au point où des expériences «anti-préjugés» consistant à faire croire à des gens qu’ils avaient été assignés au mauvais groupe, dans le but d’élargir subtilement leur réseau... ont conduit à l’éclosion de nouveaux préjugés, à l’égard des gens situés à l’extérieur de ce nouveau réseau.