Quelqu’un vous a dit la semaine dernière que les jeux vidéo pouvaient causer l’Alzheimer? Cherchez encore. L’étude existe, mais le communiqué envoyait sur une fausse piste.

En gros, des chercheurs montréalais ont comparé la façon dont un groupe de 26 joueurs et un groupe de 33 non-joueurs apprennent et portent attention. Sans surprise, il y a des différences entre les deux groupes.

Quelles différences? Le type d’apprentissage vécu par les joueurs se passe dans une région du cerveau appelée le noyau caudé. Une augmentation de l’activité dans cette région est associée à une diminution du volume de l’hippocampe. Et il se trouve qu’une diminution du volume de l’hippocampe augmente le risque d’Alzheimer.

Il faut noter que les chercheurs ont dû se défendre d’avoir affirmé dans leur étude que les jeux vidéo peuvent causer l’Alzheimer. Mais si c’est de cette façon que la nouvelle est sortie dans certains médias comme le Daily Telegraph de Londres mercredi, c’est parce que le communiqué de presse original attirait l’attention sur cette association, en faisant dire au Dr Gregory West, de l’Université de Montréal : «cela veut dire que l'intégrité hippocampique des personnes qui jouent beaucoup à des jeux vidéo d'action pourrait être réduite, ce qui est associé à un risque accru de troubles neurologiques tels que la maladie d'Alzheimer».

Le véritable objectif de l’étude était en fait de mesurer un type de comportement que des études précédentes ont associé à l'activité normale du noyau caudé —une approche moins excitante que l’Alzheimer mais plus en phase avec ce que la neurologie tente d’apprendre de notre cerveau. Et plus en phase avec ce que des échantillons de 26 personnes peuvent nous apprendre.

Comme pour rappeler que les racines de l’Alzheimer sont fort complexes, une autre étude parue la même semaine suggère que ce mal aurait pu évoluer parallèlement à l’intelligence humaine, au cours des 50 à 200 000 dernières années. Une équipe chinoise observe en effet dans leur étude déposée sur le serveur BioRxiv que six gènes impliqués dans le développement de notre cerveau «préhistorique» semblent être aussi impliqués dans l’Alzheimer.

C'est comme si le développement très rapide de notre matière grise —quelques centaines de milliers d’années, c’est rapide à l’échelle biologique— avait eu des conséquences néfastes sur le vieillissement.

Reste à voir si la méthode utilisée par ces chercheurs de l’Institut des sciences biologiques de Shangaï s’appliquera à des échantillons de génomes plus vastes. Reste que dans l’état actuel des connaissances, nous sommes le seul primate à connaître l’Alzheimer.