La grave sécheresse qui frappe la Californie depuis quatre ans a forcé l'État à adopter une loi pour la gestion durable des nappes phréatiques. Cette loi a été mise en vigueur en janvier 2015. En juin dernier, des restrictions ont aussi été imposées aux agriculteurs pour protéger les eaux de surface.

Malheureusement, ces mesures arrivent bien tard…

Alors qu’autrefois, 30% de l’eau potable utilisée par les Californiens provenait des eaux souterraines, cette proportion a grimpé à 66% depuis la sécheresse, selon l’US Geological Survey. Cet organisme gouvernemental a aussi constaté que 20 % des eaux souterraines renferment de fortes teneurs en nitrates, en arsenic et en uranium. L’augmentation de la teneur de l’eau potable en nitrates, imputable à l’emploi des engrais azotés, ne surprend personne. Par contre, on peut s’étonner du fait que des éléments naturellement présents à l’état de trace dans le sol —comme le manganèse, l’arsenic et l’uranium— se retrouvent en forte concentration dans l’eau potable plus souvent que les nitrates. Au fil des ans, les pratiques agricoles auraient repoussé ces éléments profondément dans le sol jusqu’à ce qu’ils atteignent la nappe phréatique, expliquent les experts.

Quels sont les dangers de ces contaminants pour la santé humaine? Lorsque la quantité de nitrates dans l’eau potable dépasse la limite de 10 parties par million, cet élément risque de nuire au transport de l’oxygène dans le sang et d’augmenter les risques d’anomalies congénitales et de cancers des ovaires et de la thyroïde. Quant à l’ingestion à long terme d’eau contaminée à l’uranium, elle est susceptible d’augmenter les risques de cancers et de problèmes rénaux.

Malheureusement, les climatologues prévoient que les précipitations se feront encore plus rares en Californie au cours des prochaines années. Selon Juliet Christian-Smith, spécialiste du climat vivant à Oakland (Californie), «ce qu’on vit aujourd’hui comme une sécheresse extrême, sera, d’ici la fin du siècle, considéré comme une année normale». Les résidents et les agriculteurs californiens sauront-ils s’adapter à cette dure réalité?