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Ce n’est pas moi, c’est lui

Agence Science-Presse, le 26 février 2016, 0h05

(Agence Science-Presse) —Nous sommes apparemment plus prompts à obéir à des ordres dérangeants, si nous avons le sentiment que le geste que nous posons — même s’il fait mal à autrui — n’est pas vraiment posé par nous.

© Ruslan Huzau
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© Ruslan Huzau

Dans une version compliquée d’une expérience psychologique mythique des années 1960, des groupes de deux personnes ont, cette fois, infligé de vrais chocs électriques — et ont été interrogés sur ce qu’ils ressentaient. Le résultat est en phase avec « l’expérience de Milgram » qui, il y a plus de 50 ans, avait conduit des gens à donner ce qu’ils croyaient être de vrais chocs électriques à un vrai cobaye — en réalité, un acteur — pour autant qu’une personne en autorité leur en ait donné l’ordre. Le psychologue Stanley Milgram avait provoqué une onde de choc, parce que ses résultats étaient en phase avec l’actualité, où d’anciens bourreaux nazis justifiaient leurs actes par la célèbre phrase « je ne faisais qu’obéir aux ordres ».

La nouvelle expérience ajoute deux détails inédits
: d’une part, les deux participants savaient qu’il s’agissait de vrais chocs électriques et pouvaient interrompre l’expérience à tout moment. Mais surtout, les psychologues et neurologues se sont intéressés à ce qui se passe dans la tête de la personne qui appuie sur le bouton — et leurs résultats, parus le 18 février dans Current Biology, tendent à démontrer que cette personne « se sent moins responsable » lorsqu’on lui a dit de le faire, que lorsqu’elle l’a décidé par elle-même.

La difficulté sera à présent de répliquer cette étude : plus les médias en parlent, et plus les réponses de futurs « cobayes » risquent d’être influencées par ce qu’ils ont lu.