Les femmes sont autant sinon plus nombreuses à entrer en science à l’université. Dans plusieurs disciplines, elles sont même embauchées aussi souvent que les hommes. Mais l’inégalité se creuse à mesure que les années passent, et la conciliation travail-famille n’explique qu’en partie le problème : l’attribution des fonds est en cause.

Hannah Valantine, responsable de la « diversité » au sein du National Institutes of Health (NIH) —l’organisme subventionnaire de la recherche médicale aux États-Unis— rappelle dans une édition récente du Scientific American que son propre organisme n’échappe pas à ce biais : une analyse du vocabulaire utilisé lors des demandes de renouvellement d’un budget de recherche révèle que les réviseurs de ces demandes ont plus de chances d’employer des mots tels que « excellent » et « étonnant » (outstanding) lorsque la demande est soumise par une femme... et que la note sera pourtant moins élevée que si la demande avait été soumise par un homme. Hannah Valantine affirme par ailleurs que les universités américaines offriraient en moyenne moins d’argent au démarrage d’un laboratoire lorsque celui-ci est dirigé par une femme. Et s’il s’agit d’une femme afro-américaine, l’écart se creuse encore plus.

Avec le pouvoir dont dispose un organisme comme le NIH, conclut-elle, « nous pouvons corriger au moins un problème —la compensation— en tenant redevables les doyens et les présidents d’université. L’équité salariale devrait être un élément fondamental des évaluations de performance. »