2016 sera l’année la plus chaude jamais enregistrée. Ce sera le record climatique le moins étonnant de l’année, puisque c’était prédit par les météorologues depuis... janvier.

Le coupable, au-delà du réchauffement planétaire, s’appelle El Nino, du nom du courant chaud du Pacifique qui revient à des intervalles irréguliers et qui, chaque fois, bouleverse la météo aux quatre coins du monde. Une année El Nino est traditionnellement plus chaude que la moyenne, et ce El Nino-ci, dès son apparition à l’été 2015, s’est avéré particulièrement puissant. Bien qu’il ait pris fin le printemps dernier, son effet se fait encore sentir sur la moyenne des températures de 2016.

L’effet d’El Nino, mais pas seulement. La couverture glaciaire de l’Arctique a atteint des records à la baisse cette année, celle de l’Antarctique a également montré des signes inquiétants, et le réchauffement généralisé de la planète est bel et bien en cause. Une ville du Koweit a atteint en juillet le record de 54 degrés. Et pour plusieurs, le « sommet » le plus inquiétant est celui qui est passé inaperçu : l’hiver dernier, dans l’hémisphère nord, le « seuil des deux degrés » a été brièvement atteint pour la première fois. Il s’agit de cette fameuse limite des deux degrés Celsius d’augmentation par rapport à la moyenne d’avant la révolution industrielle : cette limite que les pays réunis autour de l’Accord de Paris se sont engagés à ne pas dépasser, et qui sera probablement dépassée au milieu du siècle. Or, en février dernier, la température moyenne de l’hémisphère nord a battu des records d’environ 1,15 à 1,4 degré Celsius au-dessus de la moyenne à long terme. Si on considère que depuis l’époque pré-industrielle, nous avons d’ores et déjà gagné le premier de ces deux degrés, la marche vers le deuxième degré semble soudain, depuis cette année, moins haute.

Un rappel : en devenant l’année la plus chaude depuis un siècle et demi que de telles données sont ramassées, 2016 battra 2015, qui avait elle-même battu 2014.