Certains ont été agréablement surpris des résultats des élèves canadiens au PISA — le Programme international pour le suivi des acquis des élèves. Ils seraient très performants en sciences, en mathématiques et en lecture. Mais les résultats ont été remis en question assez vite.

C’est le sujet de notre émission cette semaine, que vous pouvez exceptionnellement écouter à cette adresse.

À la première lecture, ce rapport rassure sur la qualité de notre système éducatif. Les résultats montrent même que les Québécois surclassent les autres provinces.

En science, l’écart fille-garçon diminuerait. Le Québec serait même dans le peloton de tête des pays où au moins neuf élèves sur dix maîtriseraient les « savoirs fondamentaux que chaque élève devrait posséder avant de quitter l’école ».

De très bonnes nouvelles… mais les résultats ont été remis en question en raison d’un biais de non-réponses d’élèves québécois issus d’écoles publiques : en fait, moins de 52 % des écoles invitées y auraient participé. Moins que le taux de 85 % considéré comme normal.

Il y aurait donc eu un « gonflement » des résultats parce que les meilleurs élèves auraient répondus en plus grand nombre en raison d’une surreprésentation des écoles privées. Un angle mort que le PISA n’enregistre pas.

Nous en parlons avec:

Égide Royer, professeur titulaire à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval. Il est psychologue et un expert en éducation, particulièrement en ce qui a trait à la prévention de l’échec scolaire, les difficultés d’apprentissage et de comportement. Il a d’ailleurs été directeur du Centre de recherche et d'intervention sur la réussite scolaire et fondé le Comité québécois pour les jeunes en difficulté de comportement.

Il nous rappelle qu’on avait déjà ces bémols québécois en 2012: le biais avait alors été documenté (moins de garçons que de filles, davantage d’écoles privées, etc.). Les jeunes qui avaient participé à PISA étaient plus forts que la moyenne des élèves québécois. “En tant qu’experts, on ne peut tenir compte des données du Québec.” L’échantillon est “peut-être représentatif des meilleures écoles”, mais même là, on ne peut pas en être sûr, dit-il.

Pourquoi est-il si important de se comparer? Pour établir un diagnostic — par exemple, sur le taux de décrochage ou le taux d’obtention d’un diplôme chez les jeunes en difficulté. Du coup, on peut comparer: les sommes investies, par rapport à nos voisins, donnent-elles les résultats attendus ?

Au-delà du PISA, M Royer nous parle aussi de l’écart entre francophones et anglophones et des écarts selon le statut socio-économique. De l’énorme question des élèves décrocheurs, de ceux qui ont des troubles d’apprentissage... et de la formation des futurs enseignants.

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Je vote pour la science est diffusée le lundi à 13 h, sur les cinq stations régionales de Radio VM . Elle est animée par Isabelle Burgun. Recherche: Matthieu Fannière. Vous pouvez également nous écouter sur CHOQ-FM (Toronto) CIBO-FM (Senneterre), CJMD (Lévis) et vous abonner sur iTunes.

Vous trouverez sur cette page des liens vers les émissions des saisons précédentes. Pour en savoir plus sur l'initiative Je vote pour la science, rendez-vous ici . Vous pouvez également nous suivre sur Twitter et sur Facebook.