Des crânes retrouvés au Mexique pourraient être une preuve de plus qu’un groupe de « premiers Amérindiens » s’était non seulement dispersé sur le continent avant tous les autres, mais surtout, qu’il avait continué d’y vivre indépendamment des groupes arrivés après lui.

Le dernier argument en lice provient d’une comparaison des formes d’une série de crânes vieux de 500 à 800 ans et provenant de trois régions du Mexique. Si les crânes des deux premières régions correspondent aux paramètres attendus, ceux de la troisième — Michoacán — présentent des variations auxquelles on ne s’attendrait que s’il s’agissait de populations séparées par des milliers de kilomètres. Dans leur étude parue le 20 février, les anthropologues Mark Hubbe et Brianne Herrera, de l’Université d’État de l’Ohio, y voient la possibilité qu’une population descendant des premiers migrants — les plus anciennes traces d’occupation au Mexique remontent à 10 000 ans — ait survécu dans la région, en ayant limité pendant tout ce temps les contacts avec les populations qui s’y sont installés par la suite et qui ont donné naissance aux civilisations que nous connaissons — Aztèques et Mayas. Une seconde étude parue simultanément, et à laquelle a aussi collaboré Mark Hubbe, pointe des crânes vieux de 7 à 10 000 ans au Brésil, et qui présentent des différences jugées significatives par rapport aux squelettes amérindiens plus récents.

Les chercheurs utilisent depuis longtemps le terme « paléoaméricains » ou « paléoindiens » pour désigner des populations arrivées à une époque ancienne, mais indéterminée, et dont le sort nous est inconnu. Tout dépendant des hypothèses, les experts en parlent comme de groupes qui ont mis pied en Amérique quelques siècles avant les autres, ou plusieurs millénaires. Ils ont pu disparaître ou se fondre dans les populations arrivées par la suite, mais dans ce dernier cas, on devrait en retrouver des traces dans les données génétiques recueillies ces dernières années, ce qui n’est pas encore le cas.