Il y a 50 000 ans, des humains sont arrivés en Australie... et leurs descendants y sont toujours. Ce sont les aborigènes d’aujourd’hui, que la génétique vient de relier à une seule et unique migration — une filiation qui, par sa durée et sa résilience, est unique au monde.

L’ADN qui a servi à l’étude, parue mercredi dans Nature, provient de 111 échantillons de cheveux d’aborigènes recueillis entre 1926 et 1963. La surprise ne réside pas dans les 50 000 ans — les plus anciens fossiles australiens avaient déjà cet âge — mais dans le fait qu’un seul groupe de gens ait pu peupler les quatre coins de ce continent, et y rester ensuite dans un relatif isolement. Isolement du continent par rapport au reste du monde, mais isolement aussi entre eux : plusieurs des groupes aborigènes ont développé au fil des millénaires des cultures distinctes, au point où, après l’arrivée des Européens, on a longtemps présumé l’existence de plusieurs migrations survenues à différentes époques.

Leurs gènes mitochondriaux — qui ne sont transmis que par la mère — ne trahissent en fait aucun apport d’une autre population jusqu’aux 10 000 dernières années. Un fait qui, s’il se confirme, tranche avec l’histoire des migrations en Europe et en Asie, où de nouvelles populations se sont mêlées aux plus anciennes à intervalles réguliers.