Le signal d’alarme de l’étoile mystérieuse a, cette fois, été capté à temps : des centaines d’astronomes ont porté leur attention en fin de semaine sur un minuscule point du cosmos dont la luminosité diminue de façon incompréhensible.

KIC 8462852 est cette étoile qui, à 1300 années-lumière d’ici, fait croire aux plus optimistes qu’elle est entourée par une « superstructure » artificielle capable d’expliquer plusieurs variations lumineuses détectées depuis 2009, dont deux qui sont énormes : 15 et 22 %. Un peu comme si différents « modules » de cette superstructure passaient les uns après les autres entre l’étoile et nous. Les plus prudents évoquent plutôt un énorme nuage de débris de comètes — qui expliquerait que les variations de lumière soient irrégulières. Et entre ces deux extrêmes, le gros des astronomes reste perplexe. Jusqu’ici, on n’avait pour en débattre que les données d’observations de cette étoile accumulées par le télescope spatial Kepler depuis 2009.

Or, vendredi dernier, 19 mai, l’astrophysicienne Tabetha Boyajian, de l’Université d’État de Louisiane, lançait une alerte sur Twitter et sur son blogue :

Nous avons détecté une baisse ! L’étoile est actuellement de 2,5 % plus faible que quelques jours plus tôt. Nous sommes en train d’organiser et compiler des dizaines d’observations de plusieurs personnes à travers le monde.

Les résultats préliminaires montrent effectivement une diminution de 2 à 3 % entre les 16 et 21 mai… mais qui semblait déjà revenir à la normale le 22 mai.

Etoile-Tabby-Flux

Rien d’aussi spectaculaire que les 22 %, mais c’était la deuxième petite variation depuis la mi-avril, et la plus forte des deux. KIC 8462852 aura donc réussi une fois de plus à attirer l’attention… sans pour autant apporter de réponse. S’il s’agit de « simples » débris de poussière — et il en faudrait vraiment beaucoup, pour expliquer le fameux 22 % — les observations dans l’infrarouge devraient en révéler l’empreinte. D’un autre côté, s’il y a vraiment des extraterrestres capables de construire quelque chose d’aussi gros, ne devrait-on pas capter des signaux radio lorsqu’on dirige un radio-télescope vers cette étoile, comme cela a été fait en 2015 ?

Quelques-uns suggéraient également en fin de semaine qu’on puisse établir une corrélation entre la signature de cette diminution et une autre observée par le télescope Kepler, corrélation qui suggérerait un cycle d’environ 750 jours. Si l'on confirmait qu'il y a un cycle, cela confirmerait qu’il y a vraiment un objet solide en orbite autour de cette étoile. Mais si les 22 % ne sont pas une erreur, et s’il s’agit d’un objet solide, cela suppose une planète qui ferait une fois et demie la taille de l’étoile elle-même, calcule l’astronome David Kipping.

Il y a même une campagne de sociofinancement pour KIC 8462852, aussi connue comme « l’étoile de Tabby » — pour Tabetha Boyajian, qui a lancé cette recherche — ou l’étoile WTF pour « Where’s the flux? »