Dans un des moments les plus insolites de son discours anti-climat de jeudi, Donald Trump a déclaré que l’Accord de Paris était inutile puisqu’il ne réduirait les températures mondiales que « d’une fraction de degré ». Une affirmation apparemment appuyée sur une recherche du Massachusetts Institute of Technology… dont les auteurs ont aussitôt nié avoir écrit pareille chose.

Tout au long de ce discours, Trump avait plutôt utilisé des arguments économiques — l’Accord de Paris conduirait soi-disant à des pertes d’emplois — ou politiques — « j’ai été élu par Pittsburgh, pas par Paris ». Plusieurs ont donc été surpris de le voir s’aventurer sur le terrain de la science : « même si l’Accord de Paris était implanté complètement, il est estimé qu’il ne produirait que deux dixièmes d’un degré Celsius de réduction d’ici 2100 », a-t-il dit. Or, les chercheurs cités en référence par la Maison-Blanche parlent plutôt dans leur recherche publiée en 2016 d’une différence de 0,6 à 1,1 degré d’ici 2100, si tous les pays se conforment à leurs cibles de réduction de gaz à effet de serre. Et de 5 degrés « si nous ne faisons rien ».

« Nous n’appuyons certainement pas le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris », ont soutenu à l’agence Reuters les chercheurs Erwan Monier et John Reilly. Ils ajoutent n’avoir jamais été contactés par la Maison-Blanche et n’avoir reçu aucune invitation à expliquer leur travail.