Les premiers Homo sapiens ont-ils survécu grâce aux grands-parents ? Ou plus précisément, grâce aux grands-parents qui dormaient mal ?

Surnommée « l’hypothèse du mauvais sommeil des grands-parents », elle est prise en considération par des anthropologues, qui ont examiné les rythmes de sommeil d’un groupe de chasseurs-cueilleurs de Tanzanie, les Hadza. Le groupe est petit (33 membres ont porté pendant 20 jours des bracelets enregistrant leur rythme sommeil-éveil) mais la recherche s’inscrit dans un plus long terme : les préhistoriens s’interrogent depuis longtemps sur le rôle déterminant qu’auraient pu jouer les grands-parents dans l’évolution humaine.

D’une part, avoir quelqu’un de plus dans la tribu pour veiller sur les jeunes pendant que les chasseurs sont partis, a pu aider certains groupes à survivre aux prédateurs. Mais d’autre part, le fait qu’on dorme plus mal ou plus irrégulièrement quand on vieillit, peut aussi s’avérer une protection inattendue contre un prédateur silencieux, spécialement quand on est le seul à se réveiller au milieu de la nuit… Selon l’anthropologue américaine Alyssa Crittenden et ses collègues, cela pourrait aussi expliquer pourquoi, tout au long de l’histoire, les gens ont continué de dormir dans des lieux communs composés de différents groupes d’âge.