Quel animal a failli être le meilleur ami de l’humain, après le chien ? Si vous avez répondu le chat, vous avez tort. C’est le cochon.

C’est la thèse défendue par l’archéologue britannique Pía Spry-Marqués. Elle invoque évidemment des traces archéologiques, mais aussi l’observation des sociétés dites « traditionnelles » qui ont survécu jusqu’au 20e siècle : alors qu’un tiers de ces sociétés de chasseurs-cueilleurs avaient des chiens, une sur 10 avait des cochons comme animaux domestiques. On a même trouvé au fil de l’histoire des gens qui s’étaient fait enterrer avec leur porc, comme d’autres, ailleurs, se sont fait enterrer avec leur chien.

L’archéologue en a fait un livre de vulgarisation, Pig/Pork, souhaitant combler une lacune : il existe quantité de livres sur l’histoire des chiens, mais très peu, regrette-t-elle, sur le porc… Cette relation est pourtant bien connue des scientifiques : les plus anciennes traces de porcs côtoyant les humains remontent à 11 500 ans et les archéologues s’entendent pour dire que, de la même façon que cela s’était produit avec les chiens, certaines familles de porcs sauvages ont dû apprendre progressivement à vivre plus près de nous, afin de profiter de nos reliefs de repas. Sans qu’on puisse dire s’il s’agit d’une coïncidence, les plus anciennes traces de domestication des porcs et des chats semblent remonter à la même époque et dans les mêmes lieux, soit en Turquie et, curieusement, sur l’île de Chypre.