L’évolution par sélection naturelle est d’ordinaire une chose qui se mesure en millions d’années. Parfois, en milliers, quand on pense aux Néandertaliens et à nous. Mais est-il possible de la percevoir sur une durée de moins d’un siècle ? Peut-être, si on y met les moyens.

Une analyse de pas moins de 215 000 génomes d’Américains et de Britanniques suggère ainsi que des variations génétiques susceptibles de raccourcir l’espérance de vie pourraient être réduites en seulement deux générations. Publiée dans la revue PLoS Biology, cette étude est avant tout la première tentative pour essayer de prouver par la génétique que les humains « évoluent » sur des durées de temps aussi courtes. Les chercheurs ont passé en revue 8 millions de mutations dans l’espoir d’en découvrir quelques-unes dont la fréquence changeait, d’une génération à l’autre. Plusieurs indices tendent effectivement vers des gènes liés à l’espérance de vie, asthme et l’obésité dont la fréquence diminuerait. Mais le bémol est qu’on ne peut pas expliquer pourquoi, ni affirmer qu’il s’agit bel et bien d’évolution : en théorie, on parle d’évolution lorsque des traits sont sélectionnés par la reproduction, alors qu’ici, rien ne permet de prouver pour l’instant que la reproduction soit la cause de ces mutations moins fréquentes.