1000 rhinocéros sont tués chaque année pour leur corne, censée être « remplie » de bonne médecine, ou de pouvoirs magiques. Les braconniers qui sont derrière ce trafic lucratif font suffisamment de dégâts pour qu’un photographe de presse vienne de se mériter un prestigieux prix pour sa photo d’un animal massacré.

Brent Stirton s’intéresse au sujet depuis cinq ans. Son image d’un rhinocéros noir dont la corne avait été coupée, intitulée Mémorial pour une espèce, a été prise dans une réserve naturelle — donc, où l’animal était censé être protégé — d’Afrique du Sud. La photo s’inscrit dans une série qui présente aussi des bénévoles d’un centre de réhabilitation de bébés rhinocéros dont la mère a été tuée. Le prix Wildlife Photographer of the Year est organisé chaque année par le Musée d’histoire naturelle de Londres.

Le problème est toutefois bien plus vaste : quelques semaines avant que ce prix ait attiré l’attention sur les rhinocéros, un rapport avait tiré la sonnette d’alarme pour les hippopotames. Il semble en effet que les trafiquants d’ivoire, confrontés à des éléphants d’Afrique mieux protégés qu’avant, se soient tournés vers les dents d’hippopotames. Les chercheurs ont évalué que depuis 1975 — signature du traité international CITES contre le commerce d’espèces en voie de disparition — la quasi-totalité des dents de cet animal vendues en contrebande a transité par Hong Kong, et les trois quarts provenaient de deux pays, l’Ouganda et la Tanzanie. L’Ouganda a interdit ce commerce en 2014 : les chiffres ne permettent pas encore de savoir si le marché s’est tari.

 

Ajout 2 novembre: Une analyse —contestée— suggère qu'on pourrait limiter le trafic en créant un commerce légal de la corne de rhinocéros.