L’équivalent de 1500 planètes Terre a disparu du Soleil. Ou pour être exact, la masse de notre étoile ne correspond pas à ce qu’elle devrait être. Un peu comme si une pesée avait soudainement révélé que vous étiez beaucoup plus léger que prévu.

Le problème déborde du Soleil : c’est peut-être un phénomène propre à la vie des étoiles en général qui aurait échappé aux scientifiques jusqu’ici, résume le physicien Sunny Vagnozzi, de l’Université de Stockholm, dans le New Scientist. Les hypothèses sont nombreuses… et contradictoires : une masse de mystérieuse matière noire au centre du Soleil ? Des éléments comme le carbone et l’azote se comportant d’une façon inédite ? Ou rien du tout, juste notre façon de « mesurer » le Soleil qui aurait toujours été erroné ?

Le fait est qu’il est plus facile de mesurer ce qu’il y a au centre de la Terre que ce qu’il y a au centre du Soleil. Les vibrations de notre étoile et la lumière qui en émane sont les deux principales méthodes, mais elles ne permettent que de gratter la surface. N’empêche que c’est grâce à elles qu’on a petit à petit identifié des éléments lourds qui, à partir du centre du Soleil, naviguent jusqu’à la surface — et ces dernières années, des simulations informatiques tentant une synthèse de ces données ont réalisé qu’un quart des éléments lourds en question étaient absents. La conséquence, explique le New Scientist, n’est pas juste une énigme pour les chimistes : les modèles traditionnels expliquant le comportement du Soleil ne passent pas la rampe, si ces éléments lourds ne sont pas là. En fait, même les modèles alternatifs proposés récemment, à partir d’analyses des particules composant le vent solaire, ne font que complexifier le problème : ils remettent les éléments lourds à leur place, mais dans des proportions qui ne font pas de sens aux yeux des physiciens.