Un ouragan en Europe, ce n’est pas fréquent. Ophélie, qui a traversé l’Irlande le 16 octobre, pourrait-elle être annonciatrice d’autres coups durs à venir ?

Les ouragans, qui se forment dans les eaux les plus chaudes de l’Atlantique, suivent d’ordinaire une trajectoire vers l’ouest qui les amène jusqu’aux côtes américaines. Ceux qui tournent vers le nord perdent leur force longtemps avant d’atteindre l’Europe, justement parce qu’ils ont cessé d’être alimentés par les eaux plus chaudes. Il est très rare que ceux qui se rendent jusqu’en Europe aient encore la puissance pour être qualifiés d’ouragans, comme ce fut le cas avec Ophélie. Le dernier d’une force comparable à avoir atteint l’Irlande remontait à 1961.

Mais avec le réchauffement climatique, un tel scénario pourrait-il faire partie du futur de l’Europe, et en particulier inquiéter Irlandais et Britanniques ? Sur papier, il semble logique de calculer que si la zone d’eaux plus chaudes s’élargissait vers le nord, ces tempêtes bénéficieraient davantage de « carburant ». Le problème est de prévoir quelle influence exacte aura le réchauffement sur les courants océaniques de l’Atlantique. Le météorologue néerlandais Reindert Haarsma, auteure de deux études en ce sens, en 2013 et 2015, a conclu que d’ici la fin du siècle, les ouragans pourraient se former plus loin à l’Est, ce qui les amènerait non seulement à frapper plus souvent l’Europe, mais à éviter plus souvent l’Amérique. Mais il reconnaît lui-même que son scénario demeure hypothétique, faute de données suffisantes : en mars dernier, une compilation de 53 tempêtes tropicales ayant atteint l’Europe entre 1979 et 2013 n’a révélé aucune croissance, ni en nombre ni en intensité.