Le biochimiste américain Josiah Zayner vient d’amener le débat sur les manipulations génétiques à un autre niveau, en s’injectant lui-même une substance pour modifier son ADN. Et en direct sur Facebook.

Cet usage inédit de la technologie CRISPR rappelle que l’encadrement légal de ce nouvel outil tarde encore à venir, alors même qu’on commence pourtant à voir apparaître des « kits » d’ingénierie génétique en vente libre, constate l’agence américaine de règlementation des médicaments (FDA).

L’injection de Zayner aurait pour but, a-t-il dit, d’augmenter sa masse musculaire. De son propre aveu toutefois lors de la démonstration, une seule injection a très peu de chances d’avoir un effet quelconque. Il faut « plusieurs injections par semaine pendant des mois » lors des expériences sur les souris.

Mais de telles expériences frappent des barrières éthiques et légales un peu partout. Interdites sur des foetus au Canada, elles se développent en Chine, avec près d’une douzaine d’études prévues pour rendre les cellules résistantes au cancer. Pour l’instant, aucun recours légal n’empêche l’auto-expérimentation. La compagnie The Odin, fondée par Zayner, met en vente sur son site des « kits » utilisant CRISPR. Une mise en garde rappelle de ne pas l’utiliser sur l’humain, mais le fondateur vient de donner l’exemple contraire…