Des chercheurs proposent d’analyser les différentes étapes du peuplement des îles du Pacifique à partir du… tartre des dents.

Si la méthode est inédite, elle n’étonnera pas les amateurs de fossiles. C’est qu’au contraire de la plaque dentaire, le tartre est ce qui ne peut plus être enlevé avec une brosse à dents. C’est, littéralement, de la plaque dentaire fossilisée : des chercheurs s’en sont même servis pour en apprendre un peu plus sur ce que mangeaient des Néandertaliens morts il y a 40 000 ans.

Certes, le peuplement de la majeure partie du Pacifique — incluant Hawaii, la Nouvelle-Zélande et l’île de Pâques — s’est fait beaucoup plus récemment — dans les 2000 dernières années —, mais l’ordre dans lequel il s’est fait reste obscur. Une équipe de généticiens et d’archéologues propose donc d’analyser les gènes des bactéries composant le tartre d’humains de différentes époques, afin d’en dégager un arbre généalogique. Dans une publication récente, ils détaillent leur méthode, tout en lançant un appel à une collaboration internationale : ils signalent qu’il sera plus facile de convaincre les musées de prêter quelques échantillons de tartre prélevés sur leurs squelettes, plutôt qu’un crâne au complet. Mais ils signalent aussi que, trop souvent, les musées ont fait l’erreur de blanchir les dents des squelettes afin qu’ils paraissent mieux dans l’exposition… détruisant du coup des milliers d’années d’histoire.