L’adolescent qui n’étudie pas assez en vue de son examen final ? Ou qui est toujours en retard aux rendez-vous importants ? C’est la faute (encore) à son cerveau.

Que le cerveau des adolescents et des jeunes adultes ne soit pas encore pleinement développé est un fait désormais pris pour acquis par les experts en neurosciences. Mais une équipe dirigée par Catherine Insel, de l’Université Harvard, vient d’ajouter une couche supplémentaire d’explication : c’est jusqu’à la capacité à se concentrer qui ne serait pas encore pleinement développée chez les adolescents — avec des conséquences négatives, lorsque les enjeux sont élevés. Cette équipe a observé des groupes de 13 à 20 ans jouer à différents jeux de stratégie tandis qu’ils étaient couchés dans une machine d’imagerie par résonance magnétique — afin d’observer en direct ce qui se passait dans leurs cerveaux.

Leur conclusion, parue cette semaine dans Nature Communication, est double : d’une part, plus les enjeux étaient élevés — une mauvaise réponse pouvait faire perdre entre 10 sous et un dollar — et plus le taux de mauvaises réponses augmentait. D’autre part, l’activité cérébrale dans une région appelée le réseau corticostriatal semblait correspondre à la capacité des cobayes à améliorer leur performance : autrement dit, plus cette région était développée et active, meilleurs étaient leurs résultats. Or, le réseau corticostriatal, impliqué entre autres dans le contrôle du comportement, continue de se développer jusqu’à l’âge de 25 ans.