Non contente d’avoir un océan caché sous des kilomètres de glace, la lune de Jupiter appelée Europe pourrait aussi avoir des courants océaniques.

Plus exactement, ce que les océanographes appellent, sur notre planète, un « tapis roulant océanique », c’est-à-dire un système qui transporte l’eau chaude à une certaine profondeur et l’eau froide à une autre. Sur Terre, ça se traduit par les eaux plus chaudes du Gulf Stream qui coulent jusqu’en Europe et qui sont remplacées par des eaux plus froides de l’Arctique qui redescendent vers le sud. Mais sur Europe, on a toujours pris pour acquis que « l’océan » était en réalité une mince couche d’eau, coincée entre une calotte glaciaire de 5 km d’épaisseur et la « terre ferme ». Or, selon les calculs d’une équipe de l’Université Harvard dans Nature Astronomy, ça pourrait suffire : ils imaginent une « couche de transition », entre la glace et le roc, qui transporterait sur un hémisphère de la chaleur et de la matière, du pôle Nord vers le pôle Sud. S’il y a de la vie microbienne dans cet océan, ce tapis roulant la ferait voyager sur de grandes distances — mais l’existence de vie étant hautement hypothétique, les chercheurs ne s’avancent pas à spéculer sur les avantages que représenteraient ces « voyages ».

En théorie, les Américains et les Européens doivent chacun envoyer une sonde vers Europe en 2022.