L’énergie sombre censée composer les deux tiers du cosmos ? On la cherche toujours, mais on commence à soupçonner qu’elle ne suffira pas à la tâche. Un autre « fantôme » se cacherait dans la structure même du cosmos.

Il serait du moins nécessaire pour expliquer la vitesse à laquelle se produit l’expansion cosmique. Une vitesse telle que, dans un très lointain futur, si les calculs sont justes, ça va mal finir : selon des astrophysiciens comme Adam Riess, l’univers finira par se « déchirer » lui-même, jusqu’au niveau des atomes, tant cette force d’expansion est trop puissante pour se poursuivre indéfiniment.  

Il faut rappeler qu’au cours des 20 dernières années, les cosmologistes n’ont pas seulement étudié un cosmos en expansion, ils ont tenté d’expliquer pourquoi la vitesse d’expansion du cosmos semblait augmenter — une découverte qu’on doit à un groupe dont faisait partie Adam Riess en 1998. De là l’entrée de « l’énergie sombre » dans les équations, un terme qui dénote qu’on ignore en quoi ça consiste, mais au moins peut-on lui attribuer une masse, capable d’expliquer pourquoi des forces qui font s’accélérer l’expansion du cosmos sont capables de contrer les forces de la gravité.

Comme l’explique cette semaine le New Scientist, au début, la théorie et les calculs entourant cette mystérieuse énergie sombre, réussissaient à expliquer une accélération du rythme d’expansion de l’univers. « Mais plus récemment, des fissures sont apparues » : entre les images du satellite européen Planck en 2013 montrant l’univers tel qu’il était moins d’un million d’années après le Big Bang et l’univers tel qu’on le connaît aujourd’hui, la théorie et les calculs sur l’énergie sombre ne collent pas. Si tout cela n’est pas le fruit d’erreurs fondamentales dans nos calculs sur la structure du cosmos, une des hypothèses est que l’énergie sombre n’est pas une constante, mais qu’elle évolue dans le temps. Ce qui, dans une équation, peut avoir du sens, mais explique encore moins ce qu’est l’énergie sombre et d’où elle vient…