Il faudra peut-être que la « grande tache rouge » de Jupiter soit rebaptisée le « grand trou rouge » de Jupiter : cette chose fait au moins 350 km de profondeur.

Imaginez une épaisse couche de nuages : c’est ce que nous voyons de Jupiter. Et imaginez qu’au milieu de ces nuages traversés par toutes sortes de courants atmosphériques, subsiste depuis quelques siècles un énorme cyclone, plus grand que la Terre : c’est, en gros, ce qu’est la tache rouge. Or, voilà que les observations de la sonde Juno permettent de « voir » plus loin à l’intérieur que jamais : un des instruments sert à mesurer les micro-ondes radio naturelles, qui traversent les nuages et s’échappent dans l’espace. Des régions plus chaudes génèrent davantage de micro-ondes, et l’analyse des émissions a ainsi permis d’en apprendre un peu plus sur les 350 derniers kilomètres que ces ondes ont traversés.

Juno a pu faire cette analyse en juillet, lorsqu’elle est passée directement au-dessus de ce grand mystère rouge. Un grand mystère qui, incidemment, rapetisse : depuis les observations du XIXe siècle, la tache aurait perdu au moins le tiers de sa taille. Quel est le sort qui l’attend dans le futur, personne n’en sait rien. Mais pour ce qui est de savoir à quelle profondeur ce phénomène météorologique géant poursuit-il sa descente, au-delà des 350 km, les ingénieurs de Juno travaillent déjà à d’autres observations qui pourraient peut-être lever un peu le voile.